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À l’Université de l’Ontario français, un groupe d’étudiants a choisi d’aller au-delà des salles de classe. En élaborant un programme pilote d’accompagnement à l’employabilité, ces futurs diplômés démontrent comment la recherche-intervention peut produire des retombées tangibles pour les immigrants francophones du Grand Toronto.

Olaïsha Francis – IJL – Le Métropolitain

Dans le cadre du cours de tronc commun Spécialisation dans une méthode de recherche ou d’intervention, un groupe de troisième année du baccalauréat en Communication et Médias numériques de l’Université de l’Ontario français (UOF) ont conçu un projet pour répondre à une problématique sur les difficultés d’intégration professionnelle rencontrées par de nombreux nouveaux arrivants du Grand Toronto.

Sous la supervision du professeur Léonel Philibert, l’équipe composée de Gibril Anangmo, Paule Véronique Fouda, Séraphin Kadima, Sika Toacegnitche et Zoé Okomo Eva a élaboré le Programme pilote d’accompagnement à l’employabilité des immigrants francophones qualifiés dans le Grand Toronto.

Contrairement à une démarche strictement académique, le groupe a privilégié une approche de recherche-intervention, qui consiste à partir des besoins observés sur le terrain afin de proposer des solutions concrètes élaborées avec les acteurs concernés.

Avant de bâtir leur protocole, les participants ont consulté les travaux existants. « Quand on fait des projets de recherche-intervention, ce sont des projets qu’on développe à partir des problèmes qu’on observe sur le terrain. Ensuite, les étudiants discutent avec les organismes et les bénéficiaires afin de mettre en place des interventions adaptées aux besoins identifiés », explique le professeur Philibert.

Déployé sur une période de huit semaines, le programme comprenait des ateliers consacrés à la rédaction de curriculum vitæ et de lettres de présentation conformes aux attentes canadiennes, à l’optimisation des profils LinkedIn, à la préparation aux entrevues d’embauche ainsi qu’au développement des compétences en anglais professionnel. L’objectif consistait à offrir aux personnes des outils immédiatement applicables dans leur recherche d’emploi.

Pour les membres de l’équipe, cette expérience représentait également une occasion de mettre en pratique les notions acquises pendant leur formation universitaire tout en répondant à un besoin communautaire.

Selon Léonel Philibert, cette philosophie pédagogique s’inscrit pleinement dans la vision de l’établissement. « Nous cherchons à aider les étudiants à maîtriser les expériences de terrain pour rester plus près de la population et agir là où les besoins existent. Il ne s’agit pas seulement d’étudier un problème dans la littérature, mais aussi d’aller à la rencontre des personnes concernées pour poser un diagnostic pertinent et proposer des réponses qui correspondent à leurs aspirations. »

Les résultats du projet pilote sont encourageants. Plusieurs bénéficiaires ont amélioré leur préparation aux processus de recrutement, développé leur réseau professionnel et obtenu davantage d’opportunités.

Le professeur rappelle la problématique du terrain : « Nous avons beaucoup de projets de recherche, mais peu d’interventions concrètes qui les accompagnent. Il est difficile de déployer ces approches à grande échelle lorsque les ressources financières sont limitées », observe-t-il.

À travers cette réalisation, l’UOF illustre sa volonté de rapprocher l’enseignement supérieur des réalités vécues par les communautés francophones de l’Ontario. L’établissement mise sur une formation où les connaissances deviennent un véritable levier de transformation sociale.

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Photo :L’équipe des cinq étudiants et professeurs responsable du projet