À l’occasion de la Saint-Jean, la communauté francophone de la région de York se mobilise pour célébrer sa langue, sa culture et son héritage. Entre activités familiales, rencontres interculturelles et engagement communautaire, cette journée festive se veut un puissant symbole de rassemblement et de transmission.
Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain
Chaque année le 24 juin, la Saint-Jean-Baptiste offre aux francophones du pays une occasion privilégiée d’afficher leur fierté et de célébrer leur langue ainsi que leurs traditions. Dans le Grand Toronto, où la francophonie évolue au cœur d’un environnement majoritairement anglophone, cette fête revêt une signification particulière.
Dans la municipalité de York, les organismes francophones redoublent d’efforts pour organiser des activités qui permettent aux familles, aux nouveaux arrivants et aux résidents de longue date de se retrouver dans une ambiance conviviale. L’objectif : renforcer les liens communautaires et souligner la vitalité de la francophonie ontarienne.
Le dimanche 28 juin, l’Association des francophones de la région de York (AFRY) donne rendez-vous à sa communauté au parc Lambert Willson pour une journée placée sous le signe du partage. Au programme : tournoi de soccer, mini-golf, animations familiales, musique, danse et pique-nique. Une série d’activités conçues pour tous les âges, à l’image de la diversité qui caractérise aujourd’hui la francophonie locale.
Pour Yasmine Malek Menasria, directrice générale de l’AFRY, cette célébration répond avant tout à un besoin essentiel : celui de rassembler une population souvent dispersée sur un vaste territoire. « Un enjeu majeur dans la région est la dispersion géographique. Les francophones sont parfois éloignés les uns des autres », explique-t-elle.
Au-delà du simple rassemblement, l’organisme souhaite, grâce à cette rencontre, donner aux différentes générations qui seront présentes, l’occasion de partager leur vécu, leurs expériences et leur attachement à la langue française.
Au cours des dernières années, la francophonie de la région de York a connu une évolution importante. Selon Mme Malek Menasria, cette croissance est principalement alimentée par l’immigration francophone. « C’est une bonne chose, car beaucoup de francophones arrivent », souligne-t-elle.
Toutefois, elle constate également que cette croissance pourrait être plus soutenue, car l’augmentation du nombre de francophones ne se fait pas uniformément dans l’ensemble des municipalités. Plusieurs facteurs influencent leur établissement, notamment l’accès aux transports, la proximité des lieux de travail et la disponibilité des services en français.
Malgré ces défis, la visibilité de la communauté s’est considérablement améliorée. Aujourd’hui, près de 300 personnes participent régulièrement aux activités organisées par l’AFRY, ce qui témoigne d’un engagement communautaire soutenu.
La place des jeunes constitue également une priorité pour l’organisme. Selon la directrice générale, il est essentiel de développer des programmes adaptés à leurs intérêts afin de maintenir leur engagement envers la francophonie.
Le tournoi de soccer organisé dans le cadre de la fête illustre parfaitement cette volonté. Les jeunes jouent d’ailleurs un rôle actif au sein de l’AFRY. Plusieurs s’impliquent comme bénévoles tout au long de l’année et lors des grands événements communautaires. D’autres profitent de ces occasions pour effectuer leurs heures de service communautaire.
« Cela est très important pour eux, car ils retrouvent des personnes qu’ils connaissent déjà », souligne Mme Malek Menasria.
Elle reconnaît toutefois qu’il demeure un écart entre les occasions offertes et les attentes des nouvelles générations. Pour éviter que les jeunes se tournent exclusivement vers les activités du milieu anglophone, il est nécessaire de proposer des initiatives innovantes et attrayantes.
À travers cette célébration, l’AFRY souhaite envoyer un message clair à l’ensemble de la population. « Être présent. Les francophones ont besoin de montrer qu’ils sont là, qu’ils forment une communauté dynamique, et de transmettre cette force à la nouvelle génération », conclut la directrice générale.
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Photo : L’an dernier, les jeunes familles de York se sont bien amusées à la Saint-Jean. (Photo : archives de l’organisme)






