À Toronto, ce programme d’Oasis Centre des femmes a célébré une nouvelle cohorte de femmes francophones prêtes à transformer leurs idées en projets concrets. Entre entrepreneuriat, autonomie financière et solidarité, cette initiative offre bien plus qu’une formation : elle s’avère un véritable levier pour rebâtir la confiance et briser l’isolement.
Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain
Applaudissements, éclats de rire et regards remplis de fierté : samedi 23 mai, l’émotion était palpable lors de la cérémonie de remise des certificats du programme Tremplin organisée par Oasis Centre des femmes (OCF). Réunies à Toronto, les participantes des cohortes de septembre 2025 et janvier 2026 ont célébré bien plus qu’une fin de parcours. Pour plusieurs, cette soirée marquait une étape décisive vers une nouvelle vie professionnelle et personnelle.
Pendant plusieurs mois, une quinzaine de femmes ont participé à cette aventure humaine et professionnelle à travers une série d’ateliers conçus pour renforcer leur autonomie financière, leur confiance en elles et leur leadership. Tremplin accompagne celles qui cherchent un nouveau départ ou une plus grande indépendance économique.
Portée par Oasis Centre des femmes et financée par le ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, la démarche propose un parcours structuré qui comprend des évaluations de compétences entrepreneuriales, des outils pour étudier la faisabilité d’un projet ainsi que des formations qui couvrent les bases essentielles du démarrage d’entreprise.
Cependant, au-delà des notions d’affaires, le projet répond à des réalités souvent complexes. « Certaines doivent faire face à des barrières systémiques. Il est donc important qu’elles développent des compétences, un réseau et une autonomie financière », explique Inès Benzaghou, directrice générale d’Oasis Centre des femmes.
Parmi les défis les plus fréquents : la barrière linguistique, l’accès limité à l’emploi et la difficulté de faire reconnaître des diplômes obtenus à l’étranger. « Beaucoup arrivent avec un bagage important, mais peinent à le valoriser ici », souligne Rabeb Azouzi, chargée des programmes de développement économique chez Oasis.
L’approche de Tremplin mise aussi sur la force du collectif. « Il y a une véritable sororité qui se crée entre candidates », explique Mme Azouzi. Au fil des rencontres, elles apprennent non seulement à structurer leurs projets, mais aussi à gérer leur stress, sortir de l’isolement et reprendre confiance en leurs capacités.
Pour plusieurs immigrantes, l’entrepreneuriat devient un moyen de reprendre le contrôle de leur trajectoire. « Souvent, elles portent la charge du foyer sans connaître les codes du marché du travail canadien », rappelle Mme Benzaghou. Créer leur propre activité représente alors une occasion de repartir sur de nouvelles bases.
Certaines participantes arrivent avec une simple idée griffonnée dans un carnet. D’autres hésitent encore à croire en leur potentiel. « Tremplin les aide à clarifier leur vision et à transformer leurs idées en projets concrets », explique Mme Azouzi. Un réseau d’entraide durable s’est d’ailleurs développé entre elles, plusieurs n’hésitant pas à se recommander des clientes ou à collaborer lors d’événements entrepreneuriaux.
Aujourd’hui à sa 15e cohorte, Tremplin continue d’évoluer. Oasis a récemment renforcé les ressources consacrées à l’initiative afin d’offrir un accompagnement plus soutenu. Un réseau Alumni a également été créé pour permettre aux anciennes participantes de rester connectées et de poursuivre cet élan collectif.
Certaines anciennes diplômées jouent désormais un rôle clé dans l’accompagnement des nouvelles cohortes. C’est le cas de Yéléna Mensah, entrepreneure bien connue de la scène torontoise, aujourd’hui coordonnatrice du projet et mentore auprès des participantes.
Pour Rabeb Azouzi, l’expression « retrouver sa voix » résume parfaitement l’esprit de Tremplin. « Chaque parcours est différent », rappelle-t-elle. Retrouver confiance, réintégrer le marché du travail ou bâtir une entreprise demande du temps, mais les outils et le soutien offerts permettent aux participantes d’avancer à leur rythme.
Avec près de 28 femmes accueillies chaque année et une prochaine cohorte prévue en septembre 2026, Tremplin poursuit sa mission : offrir aux francophones un espace pour entreprendre, se reconstruire et reprendre pleinement leur place
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Photo : Les membres de la cohorte reçoivent leur certificat. (Crédit : OCF)






