Depuis plus de 35 ans, Alpha-Toronto accompagne les adultes francophones de Toronto dans leur parcours d’intégration, de formation et d’employabilité. Entre défis sociaux, retour aux études et insertion professionnelle, l’organisme joue un rôle essentiel auprès de nombreux nouveaux arrivants en quête de stabilité et d’avenir.
Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain
Fondé en 1988, Alpha-Toronto est devenu au fil des années une référence pour les personnes nouvellement installées au Canada qui souhaitent reprendre une formation ou améliorer leurs compétences. La structure offre un accompagnement personnalisé afin de permettre aux apprenants de prendre pleinement leur place dans la vie sociale, culturelle et économique de leur communauté.
En effet, le centre aide les adultes à acquérir des savoirs, des compétences professionnelles et des outils concrets pour poursuivre des études, intégrer le marché du travail ou gagner en autonomie au quotidien. Cependant, derrière ces parcours de formation se cachent souvent des réalités complexes. « Nous essayons de les stabiliser le plus possible », explique le directeur général, Renaud Saint-Cyr.
Les défis auxquels ils doivent faire face sont nombreux. La majorité des participants sont issus de pays francophones d’Afrique ou d’Haïti. Certains sont réfugiés, résidents permanents récemment installés à Toronto ou des citoyens canadiens.
« Souvent, ils font face à des défis d’intégration et de pauvreté extrême », souligne le directeur général. À cela s’ajoutent parfois des problèmes de santé mentale, d’employabilité ou encore une dépendance à l’assistance sociale.
Face à ces réalités, Alpha-Toronto mise sur une approche flexible et humaine. Les formations peuvent être suivies en groupe, individuellement, en ligne ou en présentiel. L’objectif est avant tout d’évaluer les compétences de chaque personne afin de l’orienter vers le parcours le plus adapté.
« Pour ne pas faire perdre le temps du client et voir si on peut répondre à ses besoins », précise-t-il.
Parmi les programmes proposés figurent notamment « Parcours Réussite » et le programme Accès Carrières Études (ACE) qui permet d’obtenir une équivalence du niveau secondaire et ouvre la porte vers des études postsecondaires ou de nouvelles perspectives professionnelles. Ce dernier est offert dans les locaux du Collège Boréal. Cette collaboration entre les deux institutions dure depuis plusieurs années. « On travaille main dans la main et pas en compétition, et cela fonctionne très bien depuis longtemps », affirme Renaud Saint-Cyr.
Pour de nombreux apprenants, le passage chez Alpha-Toronto représente un tremplin vers le collège ou l’université. Certains souhaitent intégrer des établissements francophones tels que le Collège Glendon (Université York). Le centre propose alors des cours de français, de mathématiques ou de chimie, tout en accompagnant les candidats dans leurs démarches d’inscription.
La réputation de l’organisme continue également de s’accroître grâce au bouche-à-oreille. Familles, amis et anciens apprenants recommandent régulièrement les services d’Alpha-Toronto à leur entourage, preuve de l’impact concret du programme dans la communauté francophone de Toronto.
Malgré les difficultés, l’engagement de certains demeure impressionnant. « Environ 80 % des gens qui décrochent reviennent et réussissent le programme », souligne M. Saint-Cyr. Une preuve, selon lui, de la détermination des apprenants et de l’importance de leur offrir un accompagnement adapté à leur réalité.
Les ambitions d’Alpha-Toronto continuent d’ailleurs de grandir. L’organisme affirme avoir dépassé de 180 % les objectifs fixés par le ministère et avoir déjà atteint sa cible annuelle de 167 apprenants. Au cours de la période 2025-2026, ce sont finalement 210 personnes qui ont participé aux différents parcours offerts par le centre.
Au-delà des chiffres, Alpha-Toronto souhaite surtout permettre à chacun de construire un véritable projet de vie. D’anciens étudiants poursuivent aujourd’hui des études en soins infirmiers, en économie ou encore dans le domaine de la petite enfance. Pour plusieurs, ces formations représentent bien plus qu’un retour aux études : elles marquent le début d’une nouvelle stabilité, d’une intégration réussie et d’une confiance retrouvée dans leur avenir au Canada.
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Photo : Renaud Saint-Cyr (Crédit : Le Métropolitain)






