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L’Association des francophones de la région de York a tenu un atelier consacré à la cyberdépendance chez les adolescents. Cette rencontre, destinée principalement aux parents nouvellement arrivés au Canada, visait à mieux comprendre les habitudes numériques des jeunes et à proposer des outils favorisant un encadrement équilibré.

Olaïsha Francis – IJL – Le Métropolitain

Le nouveau service de santé mentale de l’Association des francophones de la région de York (AFRY) a proposé, le 19 mai, un atelier de sensibilisation consacré à l’usage excessif des écrans chez les adolescents. Réalisée en collaboration avec Université de l’Ontario français (UOF) et financée par la Région de York, l’initiative s’inscrit dans le développement du volet bien-être et santé mentale lancé par l’organisme plus tôt cette année afin de répondre aux besoins grandissants de la communauté francophone.

Selon Laurent Sorrentino, navigateur du service santé mentale, le sujet choisi répond à une préoccupation de plus en plus présente. « La cyberdépendance est un phénomène en augmentation et un sujet d’actualité. C’est pour cela que nous avons collaboré avec l’UOF pour accompagner les parents nouvellement arrivés dans la compréhension et la gestion de cette réalité », explique-t-il.

Animée par Bianca Nugent, professeure adjointe et coordonnatrice du programme de travail social à l’UOF, la rencontre a abordé plusieurs enjeux liés aux habitudes numériques des adolescents. Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes utilisés par les plateformes numériques pour retenir l’attention des utilisateurs, les signes révélateurs d’un usage problématique et les stratégies pour établir des limites sans créer de tensions à la maison.

Au cours de la présentation, les parents ont été invités à réfléchir aux conséquences possibles d’une consommation excessive des réseaux sociaux sur la vie familiale, le sommeil, les relations interpersonnelles et la réussite scolaire.

Pour Bianca Nugent, l’objectif n’est pas de diaboliser les outils numériques, mais plutôt d’aider les adultes à accompagner leurs enfants de façon constructive. « La question n’est pas d’interdire, mais de guider », rappelle-t-elle. Selon la spécialiste, la prévention repose davantage sur la qualité des échanges familiaux, la cohérence des règles et l’exemple donné par les adultes sur une approche punitive.

Parmi les conseils proposés, la conférencière suggère notamment l’instauration de moments sans écran à la maison, tels les repas familiaux ou encore la création d’une station de recharge commune à l’extérieur des chambres afin de protéger le sommeil des adolescents.

L’atelier a aussi abordé le phénomène du Fear of Missing Out, cette peur persistante de manquer une publication, une notification ou une tendance sur les réseaux sociaux.

Selon l’intervenante, plusieurs comportements constituent des signaux d’alerte, notamment l’irritabilité, l’isolement, l’anxiété en absence du téléphone ou l’abandon d’activités autrefois appréciées. « La cyberdépendance ne se mesure pas au nombre d’heures, mais à l’impact sur la vie sociale, scolaire et émotionnelle », souligne Bianca Nugent.

Les discussions ont également souligné l’importance de créer des solidarités entre parents afin de réduire la pression sociale vécue par les jeunes. La rencontre s’est conclue par une période de questions au cours de laquelle plusieurs participants ont partagé leurs inquiétudes et leurs expériences personnelles face à l’omniprésence des écrans dans le quotidien familial.

À travers ce type d’activité, l’AFRY souhaite poursuivre son travail de soutien auprès des familles francophones en proposant des ressources adaptées aux réalités culturelles et sociales des nouveaux arrivants.

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Photo : Bianca Nugent