[adrotate banner="100 "

À Toronto, le Centre de l’identité et de la culture africaines a offert une journée riche en découvertes et en échanges, qui a réuni des jeunes femmes francophones autour de l’art, de l’identité et de l’entrepreneuriat. Une initiative qui répond à un réel besoin de représentation et de soutien au sein de la communauté.

Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain

Entre séances de création artistique, discussions sur l’identité, réseautage et présentations de projets d’affaires, « Le Meet-up des filles » a permis à des jeunes femmes de 15 à 25 ans de se retrouver dans un environnement conçu spécialement pour elles. Organisé par le Centre de l’Identité et de la culture africaines (CICA), ce temps d’échange a souligné le potentiel et les aspirations d’une nouvelle génération d’Afrodescendantes francophones.

Pour Sandra Adjou Akiremy, fondatrice et directrice générale du CICA, cette rencontre est née d’une volonté claire : offrir à ces femmes un espace qui leur ressemble. Après huit années à accompagner les jeunes issues de la communauté africaine de Toronto, elle a développé ce projet en collaboration avec une entreprise montréalaise partageant les mêmes valeurs.

« Nous voulions créer une journée rien que pour elles, une journée d’identité et d’entrepreneuriat. Nous avons trouvé intéressant d’y ajouter quelque chose de ludique », explique-t-elle.

Au cours de cette activité, plusieurs sujets qui touchent à l’identité ont été abordés, notamment le rapport aux cheveux afro. Ces échanges ont donné lieu à des discussions franches entre les participantes et les adultes présentes, dont plusieurs mères venues accompagner leurs filles.

Parmi elles, Emerance Mondji, récemment arrivée au Canada, était venue avec sa fille. Initialement, elle comptait simplement la déposer à l’événement. « Quand j’ai vu l’ambiance, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je rate cela », confie-t-elle.

Intéressée par le volet entrepreneurial, elle a été impressionnée par l’engagement des jeunes présentes et par la qualité des projets présentés. Elle a également constaté les effets positifs de l’expérience sur sa fille, habituellement réservée, qui a trouvé la confiance nécessaire pour s’exprimer devant un groupe.

Comme le souligne Mme Adjou Akiremy, « nous voulions créer un endroit où l’on n’est pas jugé, où elles se sentent entendues et où elles peuvent tisser des liens ».

Ainsi l’atelier artistique « J’aime mon naturel », animé par l’entrepreneure Yéléna Mensah, a constitué l’un des moments marquants de la rencontre. À travers la création de sacs personnalisés, les jeunes ont été invitées à célébrer leur identité et leur authenticité.

L’entrepreneuriat occupait également une place importante dans la programmation. Plusieurs jeunes membres du groupe ont présenté des idées déjà bien développées, certaines ayant même réfléchi au nom et au concept de leur future entreprise.

« Cela prend des espaces comme celui-ci pour leur donner du pouvoir et leur montrer qu’elles ne sont jamais trop jeunes pour entreprendre », affirme la fondatrice. Certaines ont développé des projets viables qui pourraient bénéficier de formation et d’accompagnement.

Au-delà des ateliers, le réseautage a joué un rôle central. Les participantes ont échangé leurs coordonnées, partagé leurs expériences et créé des liens qui pourraient se poursuivre bien après l’événement. L’ambiance conviviale a d’ailleurs été soulignée à plusieurs reprises par les organisateurs, qui ont vu se former un véritable esprit de communauté au cours de la journée.

Une expérience enrichissante qui, selon Mme Mondji, a bénéficié autant aux adultes qu’aux adolescentes. « L’apprentissage n’était pas dans un seul sens. En tant que mamans, nous avons aussi appris quelque chose », affirme-t-elle.

Le succès de cette première édition confirme l’importance de multiplier ce type d’initiatives. Malgré l’absence de financement particulier, le CICA espère organiser une nouvelle rencontre l’an prochain afin de répondre à l’intérêt manifesté par les jeunes impliquées et leurs familles.

Pour Sandra Adjou Akiremy, cette journée a démontré toute la force du soutien communautaire et de la solidarité féminine. « Quand des femmes se mettent ensemble, cela porte toujours des fruits », conclut-elle.

-30-

Photo : Participantes, mères et organisatrices réunies lors de la rencontre. (Crédit : CICA)