Olaïsha Francis
Le Labo a accueilli une fin de semaine dédiée à l’écoresponsabilité en art contemporain les 13 et 14 mars. Artistes, étudiants et professionnels se sont réunis pour explorer des pratiques plus durables dans un contexte où le milieu culturel cherche à réduire son empreinte environnementale.
Dans les studios du Labo au 401 rue Richmond Ouest, une vingtaine de participants par jour ont participé à deux journées d’échanges, de réflexion et d’expérimentation autour des pratiques écoresponsables en art.
Intitulé « Repenser l’exposition : matériaux, méthodes et écologie curatoriale », l’atelier proposait une immersion concrète dans des alternatives durables pour la conception d’expositions.
« Ce week-end est une initiative du Labo, portée plus particulièrement par notre directrice, Dyana Ouvrard, qui développe cette démarche de manière indépendante, en parallèle de sa pratique de commissaire d’exposition. Depuis 2024, nous mettons en place des pratiques écoresponsables en collaboration avec Christine Beaudoin, Ph. D. en sociologie, aujourd’hui professeure à l’Université de l’Ontario français.
« Cette démarche se traduit par l’élaboration de politiques internes et l’adoption de pratiques concrètes telles que la réduction des achats et la production d’affichage fait à la main », explique Alexane Couture, chargée de projets de l’équipe du Labo. Elle souligne que l’événement a permis de rejoindre un public diversifié, dont plusieurs participants qui n’avaient jamais fréquenté le centre auparavant.
Grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada, Le Labo a accueilli Dre Kirsty Robertson, du Centre for Sustainable Curating (Université Western de London), ainsi que l’équipe de la FOFA Gallery, à Montréal : Joé Côté-Rancourt, Josh Jensen et Clara-Jane Rioux Fiset pour cet espace de transmission et de collaboration ouvert au public.
L’artiste Tania Love, membre du Labo, travaille en relation avec l’habitat naturel et culturel. Son processus est centré sur l’utilisation de matériaux naturels divers qui mettent l’accent sur la dimension tactile et invitent à des rythmes plus lents.
La programmation combinait présentations théoriques et ateliers pratiques. Les participants ont notamment expérimenté la création de cartels en papier, l’utilisation de colles naturelles et des alternatives aux plastiques dans les expositions.
« Le côté pratique est toujours quelque chose qui fonctionne bien. De pratiquer avec les mélanges de pâte de nori (colle d’amidon) et de charbon, c’est quelque chose de très concret », souligne-t-elle.
L’un des objectifs de la fin de semaine était de rendre accessibles des pratiques souvent perçues comme complexes. « C’était un moment de partage, de voir que les gens sont passionnés par leurs découvertes », ajoute-t-elle.
Le choix d’un format sur deux jours répondait également à une volonté d’inclusion. Le vendredi, l’activité visait principalement les étudiants, notamment ceux intéressés par les arts visuels, tandis que le samedi s’adressait davantage au grand public et aux artistes membres du Labo.
Les séances, offertes en français et en anglais, ont favorisé les échanges entre les communautés linguistiques de Toronto, en collaboration avec Christine Baudoin qui développe justement en parallèle des pratiques plus écoresponsables dans l’installation, dans la résidence pour les artistes, puis la programmation.
Cette démarche permet non seulement d’innover sur le plan environnemental, mais aussi de renforcer les liens avec la communauté et d’élargir les publics.
Face à l’engouement suscité, une suite semble déjà envisagée. « Je ne pense pas que ça soit la dernière fois, confie Alexane Couture. On a beaucoup aimé ce côté bilingue. Je pense que c’est le début de quelque chose avec le Centre for Sustainable Curating et la FOFA Gallery. »
Photo (Crédit : Le Labo) : Tania Love






