Chrismène Dorme
L’Université de l’Ontario français (UOF) a été reconnue pour son engagement social lors du gala annuel de la Chambre de commerce France-Canada Ontario, tenu le 12 mars. L’UOF s’est vu décerner le prix de la responsabilité sociale d’entreprise 2026 dans la catégorie Petite et moyenne entreprise.
Nommée aux côtés d’autres organisations engagées, l’UOF a été représentée par plusieurs membres de sa communauté lors de cette soirée, marquée notamment par la présence de la lieutenante-gouverneure Edith Dumont. Pour le recteur et vice-chancelier de l’université, Normand Labrie, cette reconnaissance reflète les efforts quotidiens de toute la communauté et constitue un encouragement à poursuivre le développement de pratiques responsables au service des étudiants et de la collectivité.
Au cœur de cette distinction, une vision institutionnelle où la responsabilité sociale dépasse le cadre des engagements symboliques. « Cela fait partie de l’ADN », résume Isabelle Dostaler, vice-rectrice aux études et à la recherche. L’université a structuré son offre autour de quatre programmes fondateurs, dont l’un est explicitement consacré à la justice sociale. À ceux-ci s’ajoutent de nouveaux cursus en éducation, en santé mentale et à l’automne, en travail social.
L’objectif est clair : former des diplômés capables d’agir concrètement sur les enjeux contemporains. « Nous voulons former des gestionnaires qui vont changer le monde », souligne Mme Dostaler, insistant sur l’importance de transmettre un ensemble de valeurs qui s’incarneront ensuite dans les organisations où évolueront les étudiants. « Le prix reçu vient reconnaître bien davantage qu’un ensemble d’initiatives, c’est comme si c’était notre culture qui a été reconnue », ajoute-t-elle.
Cette culture repose en grande partie sur la place centrale accordée aux étudiants. Lors du gala, deux d’entre eux, Espoir Masiala, président de l’Association étudiante, et Brenda Ousnounts, tous deux inscrits en Économie et innovation sociale, étaient présents pour représenter cette dimension essentielle. « Ils sont au cœur de tout ce que l’on fait », insiste la vice-rectrice ajoutant que « l’établissement ne se contente pas d’enseigner la responsabilité sociale : il s’efforce de la faire vivre au quotidien ».
Mme Dostaler évoque notamment le cas d’une étudiante originaire du Liban durement touchée par un drame familial lié aux bombardements dans son pays. Soutenue par la communauté universitaire, elle a pu trouver un environnement d’écoute et de solidarité. « Dans leur expérience, il est extrêmement important de sentir qu’ils font partie d’une communauté », explique-t-elle.
Dans un contexte francophone minoritaire en Ontario, l’UOF affirme toutefois une posture résolument tournée vers l’avenir. Refusant de se positionner en victime, la direction privilégie une approche axée sur la croissance et la valorisation de la diversité franco-ontarienne, sans renoncer à une échelle humaine. « Nous voulons célébrer la pluralité de la communauté franco-ontarienne », souligne Isabelle Dostaler.
Enfin, l’université mise sur des partenariats stratégiques pour renforcer son impact, notamment avec des organismes économiques francophones. En collaborant avec des acteurs comme la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario, elle entend promouvoir l’entrepreneuriat et contribuer au développement économique de la communauté. « Être partenaire, c’est favoriser l’entrepreneuriat », rappelle la vice-rectrice, convaincue que l’avenir de la francophonie ontarienne passe aussi par sa vitalité économique.
Cette reconnaissance vient ainsi consacrer une institution jeune, mais déjà bien ancrée dans son milieu, qui entend conjuguer excellence académique et responsabilité sociale.
Photo : Les représentants de l’UOF. De gauche à droite : Christine Beaudoin, Béatrice Lego, Isabelle Dostaler, Jean-Luc Bernard, Marie-Lison Fougère, Geneviève Grenier, Espoir Masiala et Brenda Ousnounts, (Crédit : Jean-Luc Bernard)






