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Christiane Beaupré

Le mercredi 15 avril, le Centre communautaire Frank McKechnie, à Mississauga, s’est transformé en véritable carrefour d’échanges et de réflexions à l’occasion du Forum régional des aînés du Centre, organisé par la FARFO. Réunissant des participants venus de Halton, Peel, Toronto, York, Durham et Simcoe, l’événement s’est déroulé sous le thème évocateur : « Agir ensemble pour le bien-être, la santé et la sécurité des personnes aînées francophones ».

Dès les premières heures de la journée, l’atmosphère s’est distinguée par sa chaleur et sa convivialité. Accueillis dans un esprit d’ouverture, les participants ont rapidement pris part à des discussions animées, où le partage d’expériences et l’écoute mutuelle occupaient une place centrale. Entre les moments d’échanges formels et les pauses plus informelles — ponctuées notamment d’une séance de yoga et d’un atelier de thérapie par le rire —, un sentiment de communauté s’est imposé naturellement.

Le forum a été officiellement ouvert par Lorraine Gandolfo, présidente de Retraite active de Peel, qui a procédé à la reconnaissance du territoire avant de remercier chaleureusement les participants. À ses côtés, Jean Gacinya, coordonnateur régional pour la FARFO, a présenté la programmation, suivi du mot de bienvenue du président provincial, Jean-Rock Boutin. Ce dernier a rappelé les défis bien réels auxquels font face les aînés francophones — accès aux services, isolement, santé mentale, mobilité — tout en insistant sur la force collective : « la capacité à agir ensemble ».

La matinée s’est poursuivie avec une causerie réunissant Natalie Aubin, directrice générale du Centre de planification des services de santé en français, et Peter Hominuk, de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Les échanges ont rapidement pris une tournure engagée. Entre enjeux démographiques, manque de ressources et difficulté d’accès aux services en français, les constats ont été lucides. Mais au-delà des préoccupations, un message s’est dégagé : les solutions doivent venir du terrain, portées par les communautés elles-mêmes.

Les interventions des aînés présents ont d’ailleurs témoigné d’une forte mobilisation. Absence de quartiers francophones, collaboration avec les instances gouvernementales, manque de données ou encore accès aux soins de longue durée : les questions soulevées étaient à la fois concrètes et pressantes. « Les gens ont soif de services en français, et ce, tout au long de leur parcours de vie », a souligné Natalie Aubin, qui prévoit le dépôt d’un plan stratégique en 2027.

En après-midi, un panel, qui a réuni quatre acteurs du milieu communautaire et de la santé, a permis d’approfondir ces enjeux. Les discussions ont souligné des initiatives inspirantes telles que le maintien à domicile privilégié par les Centres d’accueil Héritage, ou encore les efforts du Centre francophone du Grand Toronto pour favoriser l’inclusion sociale. Les proches aidants, les besoins en logements abordables et la pénurie de main-d’œuvre ont également été au cœur des préoccupations.

Au fil des échanges, une idée revenait avec insistance : celle de mieux faire connaître les services existants et de renforcer les partenariats. « Il faut que la communauté sache ce qui est disponible », ont insisté plusieurs participants, appelant à une plus grande visibilité des ressources.

Malgré la richesse des discussions, certaines absences ont été remarquées. Les représentants politiques invités n’ont pu participer au Forum, ce que Lorraine Gandolfo a qualifié de « regrettable », évoquant une occasion manquée d’entendre directement les préoccupations du terrain.

En clôture, la directrice générale de la FARFO, Kim Morris, a salué le travail collectif et réitéré l’importance de rester à l’écoute des besoins des aînés. Un sentiment partagé par Natalie Aubin qui, avant son départ en fin d’avant-midi, avait souligné la valeur de ces « discussions tangibles » pour orienter les actions à venir.

Au terme de cette journée dense, une impression persiste : celle d’une communauté engagée, consciente des défis qui l’attendent, mais résolument tournée vers l’avenir. « Nous avons des enfants, il faut leur montrer des modèles », a rappelé Lorraine Gandolfo avec optimisme. Un message d’espoir qui résume bien l’esprit de ce forum, où dialogue et solidarité ont tracé les contours de solutions à bâtir ensemble.

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Photo : Les panélistes. De gauche à droite : Lori-Ann Seward (Communauté du Trille blanc), Sarah Calvin (OSANO), Estelle Courty Duchon (Centre francophone du Grand Toronto) et Barbara Ceccarelli (Centres d’accueil Héritage)