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L’effervescence du Mondial 2026 s’empare de la métropole canadienne, transformant chaque district en zone festive. Portés par la fierté nationale, les groupes francophones, notamment marocains et haïtiens, se rassemblent en grand nombre. Ce tournoi planétaire devient ainsi un puissant vecteur d’identité et de cohésion sociale.

Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain

Les chants résonnent dans les rues, les drapeaux flottent aux fenêtres et les maillots colorent les terrasses. Dans la Ville reine, la Coupe du monde de la FIFA 2026 ne se joue pas seulement dans le Toronto Stadium : elle se vit dans les quartiers, les restaurants et les rassemblements communautaires. Pour de nombreux supporteurs venus des quatre coins du monde, le tournoi est bien plus qu’un événement sportif. C’est une occasion de célébrer leurs racines, de renforcer leur sentiment d’appartenance et de se retrouver autour d’une passion commune.

De Mississauga à Scarborough, en passant par les quartiers emblématiques de Liberty Village et de Harbourfront, des organismes communautaires, des associations culturelles et des commerces ont mis en place des espaces de visionnement pour permettre aux amateurs de suivre les matchs ensemble.

Les transports en commun facilitent également les déplacements des supporteurs. La Commission de transport de Toronto (CTT) ainsi que le réseau GO Transit permettent aux résidents des régions avoisinantes de rejoindre facilement le centre-ville pour participer aux célébrations.

Parmi les communautés les plus mobilisées figure la communauté marocaine, qui a organisé plusieurs événements à l’occasion des matchs du Maroc contre le Brésil, l’Écosse et Haïti.

Selon Abdellah Massaoudi, fondateur et organisateur du Festival du Souk marocain de Toronto, l’engouement dépasse largement les simples séances de visionnage. « Nous avons organisé non seulement des rassemblements devant des écrans géants, mais aussi des rallyes au centre-ville, notamment à l’intersection Yonge et Dundas. Il y avait beaucoup d’émotions », raconte-t-il.

Les supporteurs marocains suivent avec fierté le parcours des Lions de l’Atlas, nom donné à l’équipe nationale du Maroc, désormais considérée parmi les grandes nations du football mondial. « Ce n’est pas une surprise. Derrière ces résultats, il y a plusieurs années de travail », souligne M. Massaoudi.

Pour lui, ces rassemblements jouent également un rôle important sur le plan humain. « Cela nous donne un sentiment d’appartenance et nous permet de nous soutenir les uns les autres. Pour beaucoup d’entre nous, cela fait longtemps que nous n’avons pas mis les pieds dans notre pays d’origine. Ces occasions nous permettent de nous retrouver et de célébrer ensemble ».

Les compétitions attirent d’ailleurs des visiteurs venant de partout en Ontario, réunis par leur attachement à leur culture et à leur équipe nationale.

L’équipe canadienne connaît aussi un tournoi remarquable et figure parmi les belles surprises du mondial. Portés par l’enthousiasme du public et l’avantage de jouer à domicile, les joueurs ont enchaîné les bonnes performances et au moment d’aller sous presse, l’équipe a terminé deuxième de son groupe et se préparait pour son match de seizième de finale contre l’Afrique du Sud à Los Angeles. Les Rouges nourrissent de grandes ambitions pour la suite de la compétition.

Chez les supporteurs haïtiens, l’émotion est tout aussi forte. La qualification des Grenadiers à la Coupe du monde représentait déjà une victoire en soi pour un pays qui n’avait plus participé au tournoi depuis 1974.

Pour Bradley Moise, résident de Toronto d’origine haïtienne, voir Haïti parmi les nations qualifiées a suscité une immense fierté. Au-delà du sport, cette présence sur la scène internationale permet également de faire connaître le pays à un plus large public. « Tout le monde regarde la Coupe du monde et les gens vont vouloir connaître l’histoire d’Haïti », affirme-t-il.

Même si l’équipe haïtienne a été éliminée plus tôt que souhaité, l’enthousiasme demeure intact au sein de la communauté. « Il y a eu du mécontentement après l’élimination, bien sûr, mais cette équipe a beaucoup d’avenir et de très bons joueurs », estime M. Moise.

Alors que la compétition se poursuivra jusqu’au 19 juillet, la Coupe du monde continue de créer des moments de rassemblement dans l’ensemble de la métropole.

Pour les communautés francophones issues du Maroc, du Canada, d’Haïti et de nombreux autres pays, le soccer est devenu un langage universel qui permet de maintenir un lien avec leurs origines tout en renforçant leur place au sein de la société canadienne.

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Photo : Des supporteurs canadiens réunis au Centre Harbourfront (Crédit : Ville de Toronto)