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Pendant trois jours, l’Université de l’Ontario français a réuni chercheurs, organismes et passionnés afin de réfléchir à l’avenir de l’agriculture urbaine. Cette rencontre a mis en évidence les défis du secteur et jeté les bases d’un réseau provincial destiné à renforcer les initiatives existantes.

Olaïsha Francis – IJL – Le Métropolitain

Du 10 au 12 juin, l’Université de l’Ontario français (UOF), en partenariat avec le Laboratoire sur l’agriculture urbaine, le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les francophonies ontariennes et l’Observatoire en immigration francophone au Canada, a accueilli une série d’ateliers consacrés au développement de l’agriculture urbaine francophone à Toronto et en Ontario. Cette initiative a rassemblé des chercheurs, des intervenants communautaires, des producteurs ainsi que des citoyens engagés autour d’un objectif commun qui est de créer des liens durables et structurer un véritable réseau provincial.

Durant ces trois journées, les échanges ont permis aux participants de mettre en commun leurs expériences, de partager leurs pratiques et d’identifier les principaux obstacles auxquels fait face ce secteur en pleine évolution. Les discussions ont porté notamment sur l’accès limité aux espaces cultivables, la contamination de certains terrains, les contraintes réglementaires municipales, les défis liés au financement ou encore l’absence de notions élémentaires de jardinage dans le parcours scolaire.

À l’origine de cette démarche figure Béatrice Lego, instigatrice du projet et du jardin aménagé sur la terrasse de l’UOF. Pour elle, la culture alimentaire dépasse largement la simple production de légumes. « Utiliser le jardinage comme outil fédérateur, engager les étudiants pour comprendre notre relation et notre impact sur l’écosystème et l’espace de vie. Ce projet a une dimension sociale et de bien-être, réduit l’anxiété et favorise la détente ainsi que la connexion avec les autres », explique-t-elle.

La chercheuse précise également que les ateliers ont visé « à discuter de la création d’un réseau francophone en agriculture urbaine à Toronto et en Ontario et à rassembler tous les acteurs du milieu qui œuvrent en français ». Cette volonté de fédérer les initiatives existantes s’inscrit dans un programme d’appui à la francophonie ontarienne consacré à cette thématique.

Chaque journée a débuté par une séquence théorique sur le campus avant de laisser place à des visites de terrain. Les participants ont découvert ainsi plusieurs projets inspirants, notamment le site de Green Thumbs TO à l’Eastdale Collegiate Institute, les fermes installées sur les toits de la Toronto Metropolitan University ainsi que l’exploitation intérieure d’etobiGrow à Etobicoke. Ces déplacements ont offert l’occasion d’observer différentes approches et d’alimenter les réflexions sur les pratiques pouvant être adaptées aux réalités francophones.

La rencontre s’inscrit également dans le cadre d’un projet de recherche mené conjointement par Béatrice Lego et Christine Beaudoin. Les deux spécialistes privilégient une approche participative fondée sur le concept de laboratoire vivant, où la collaboration entre chercheurs et communauté permet de développer des solutions concrètes répondant aux besoins du terrain.

Les organisateurs souhaitent que cette mobilisation produise des retombées durables. À court terme, ils entendent mieux faire connaître les initiatives déjà présentes sur le territoire ontarien. À plus longue échéance, leur ambition consiste à accroître l’impact social de l’agriculture urbaine au sein de la communauté franco-torontoise, en favorisant les échanges, la solidarité et le bien-être collectif.

L’équipe espère également organiser un deuxième grand rendez-vous francophone de l’agriculture urbaine lors de la Toronto Urban Agriculture Week, prévue du 12 au 20 septembre 2026. Cette future édition ferait suite à une première rencontre tenue en 2025 à l’UOF et poursuivrait l’objectif de renforcer les collaborations entre les différents acteurs du milieu.

Depuis 2023, l’Initiative de gérance agroenvironnementale soutient déjà près d’un millier de projets en Ontario afin d’améliorer l’efficacité, la productivité et la gestion environnementale dans le secteur agricole. Pour les artisans de cette démarche, la création d’un réseau francophone solide constitue désormais une nouvelle étape vers des collectivités plus résilientes, durables et engagées dans la transition écologique.

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Photo : Visite de la ferme de TMU le 11 juin (Crédit : UOF)