Alexia Grousson
L’ensemble vocal Les Voix du cœur a mis un terme à sa 32e saison avec deux représentations de son spectacle Rythmes en folie, les 23 et 24 mai au Théâtre Jane Mallett, à Toronto. Fidèle à l’approche qui fait sa réputation depuis plus de trois décennies, la troupe a proposé une production énergique où se sont côtoyé différents styles musicaux, univers scéniques et émotions.
Fondée en 1994 par Bernard Dionne, la formation musicale est dirigée depuis 30 ans par Manon Côté, qui s’était donné pour mission de faire rayonner la chanson populaire francophone du Canada et de l’Europe, tout en intégrant des influences variées et une dimension scénique mêlant chant, théâtre et danse.
« Cette année, le thème Rythmes en folie était très large d’un point de vue des styles musicaux. Il invitait le public à plonger dans une mosaïque sonore où se rencontrent la chanson d’ici et les rythmes d’ailleurs, les pulsations festives et les moments plus intimistes », explique Gilles Durot, président des Voix du cœur. Selon lui, chaque pièce avait été choisie afin de refléter la diversité musicale qui inspire la troupe et de célébrer la vitalité de la communauté francophone et francophile de Toronto.
Le répertoire présenté témoignait de cette diversité. Le public a pu entendre Hotel California des Eagles, Stairway to Heaven de Led Zeppelin, Les chemins de l’amour de Francis Poulenc ainsi que des pièces plus contemporaines, dont Le stade du rappeur québécois Fredz. Certaines chansons ont été interprétées en français, en anglais et même en portugais.
Les spectateurs ont assisté à des numéros d’ensemble, mais aussi à des duos, des solos et des formations plus restreintes, soutenus par des harmonies vocales et des arrangements instrumentaux interprétés par six talentueux musiciens, dont la pianiste Alona Mylanych et la violoniste Ivana Popovic.
La dimension visuelle occupait également une place importante dans la production. Les costumes, les décors et les chorégraphies accompagnaient les différents univers musicaux explorés, qu’il s’agisse d’ambiances country, rap ou hip-hop.
Au fil des années, la troupe a développé une approche de plus en plus élaborée sur le plan artistique. « Au départ, c’était très simple. Puis, nous avons ajouté la mise en scène, les costumes, la danse et les chorégraphies. C’est devenu un véritable spectacle », souligne Manon Côté.
Cette saison revêtait une signification particulière pour la directrice artistique et musicale, qui célébrait ses 30 ans à la tête de la troupe. Arrivée comme choriste en 1994, elle a assumé la direction musicale deux ans plus tard. Formée en piano classique, elle a également joué de plusieurs instruments, dont le tuba, le cor et la flûte traversière, en plus de diriger différents ensembles au cours de sa carrière.
« Le leadership de Manon va bien au-delà de la musique. Cela fait 30 ans qu’elle fait vivre le français à Toronto, au cœur d’une communauté minoritaire », confie Gilles Durot.
La longévité des Voix du cœur repose notamment sur un équilibre entre nouveaux membres et choristes de longue date. « Le groupe change chaque année, mais nous avons un noyau solide qui assure la continuité. C’est un bonheur de voir les gens évoluer et de travailler en équipe avec eux », confie la directrice.
Comme plusieurs ensembles artistiques, la troupe a également dû traverser les défis de la pandémie. Malgré l’impossibilité de se réunir en personne, les répétitions virtuelles ont permis de maintenir les liens entre les membres. « Les sons étaient parfois étranges, mais nous avons persévéré. Deux ans plus tard, nous sommes revenus sur scène. Ce sont tous des passionnés qui n’ont jamais abandonné », raconte-t-elle.
À l’approche des représentations, l’émotion était particulièrement présente pour la directrice artistique. « Ma fille Camille, qui a 30 ans, m’accompagne depuis le début. La chorale est devenue une grande famille pour nous », conclut Manon Côté.
Avec Rythmes en folie, Les Voix du cœur ont une fois de plus offert un spectacle rassembleur où musique, théâtre et convivialité se sont unis pour célébrer la chanson francophone et la vitalité culturelle de la communauté torontoise.
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Photo : Manon Côté (en médaillon) dirige l’ensemble vocal depuis 30 ans. (Crédit : R. Caumartin)






