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Christiane Beaupré

« Qu’est-ce qu’on mange pour souper? » Cette question, répétée presque quotidiennement dans bien des foyers, représente un véritable casse-tête pour de nombreux parents, en particulier ceux dont les enfants ne sont pas en mesure de se préparer une collation en attendant l’heure du repas. Entre les horaires chargés, le budget à respecter et le désir de varier les repas, la planification alimentaire peut vite devenir une source de stress.

Depuis plusieurs années, des entreprises culinaires ou des cuisinières créatives proposent des services d’aide à la planification des repas : en échange d’un abonnement, elles envoient des recettes accompagnées de listes d’épicerie basées sur les rabais en circulaires. Mais aujourd’hui, une nouvelle génération d’outils fait son apparition : des planificateurs de repas propulsés par l’intelligence artificielle.

Ces plateformes, dont certaines circulent activement sur les réseaux sociaux, promettent de bâtir un menu hebdomadaire en quelques secondes seulement. Le principe est simple : l’utilisateur entre son budget, son code postal, le nombre de repas souhaités et ses préférences alimentaires. L’IA analyse ensuite en temps réel les circulaires de plusieurs épiceries du secteur afin de proposer des recettes adaptées… au meilleur prix.

Selon les promoteurs de ces outils, il serait possible de nourrir une famille à un coût moyen d’un peu plus de 2 $ par personne, par repas. L’algorithme compare jusqu’à sept commerces et des centaines de rabais pour optimiser la facture. En quelques clics, l’utilisateur obtient un menu complet — déjeuners, dîners et soupers — accompagné d’une liste d’épicerie, de recettes détaillées et même de suggestions de préparation pour gagner du temps en cuisine.

L’expérience va plus loin : certains systèmes proposent de cuisiner en double pour réutiliser les restes, suggèrent de préparer certains ingrédients à l’avance (comme couper des légumes ou mariner la viande), et permettent de modifier les recettes selon les goûts de la famille. On peut aussi choisir parmi plusieurs styles culinaires, allant de la cuisine méditerranéenne au « comfort food », en passant par des options santé ou internationales.

Lors d’un essai basé sur une famille de deux adultes et deux enfants, avec un budget hebdomadaire de 125 $, l’outil a généré une quinzaine de repas et recommandé l’épicerie la plus économique. Lorsque le budget était dépassé, il proposait automatiquement des alternatives moins coûteuses. Le tout peut ensuite être sauvegardé en format PDF ou utilisé pour commander en ligne.

Si ces services sont souvent offerts gratuitement pour une période d’essai, un abonnement mensuel payant est requis pour un usage prolongé. Les économies potentielles, estimées à plus de 1700 $ par an pour une famille de quatre, constituent l’un des principaux arguments de vente.

Reste toutefois une limite : la disponibilité des circulaires analysées sont liées à des chaînes d’alimentation québécoises et varient selon les régions. Les utilisateurs de l’Ontario ne retrouveront sans doute pas la majorité des rabais auxquels la clientèle de la Belle Province bénéficiera. Cependant, en adaptant les recettes aux spéciaux en circulaire de votre épicerie, vous pourrez maximiser les aubaines.

Au bout du compte, ces outils d’IA offrent une piste intéressante pour alléger la charge mentale liée à la planification des repas. Sans remplacer complètement l’improvisation culinaire, ils permettent au moins de répondre — gratuitement pour un temps — à la fameuse question du souper.

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Photo (crédit Christiane Beaupré)