[adrotate banner=" "

Olaïsha Francis

À l’occasion du Mois de la Francophonie, la lieutenante-gouverneure de la province, Edith Dumont, a réuni une table ronde d’envergure dans ses appartements à la Législature ontarienne. Intitulée Des ponts à travers la Francophonie, la rencontre a mis en valeur le rôle de la langue française dans la diplomatie culturelle contemporaine.

Animée par la journaliste Heather Hiscox, la discussion rassemblait des personnalités issues de la diplomatie, des médias, des milieux universitaire et culturel. Parmi elles, l’ambassadeur de la RDC au Canada, Appolinaire Aya; le président-directeur général de TFO, Xavier Brassard Bédard; la directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française, Marie Christine Morin; et le Dr Jonathan Paquette, titulaire de la Chaire de recherche en Francophonie internationale sur le patrimoine culturel à l’Université d’Ottawa.

Dès l’ouverture, Mme Dumont a rappelé l’ampleur de la Francophonie mondiale qui regroupe à l’heure actuelle entre 320 et 400 millions de personnes sur cinq continents. Au-delà des chiffres, elle insiste sur sa portée symbolique qui est une langue qui relie des peuples, des cultures et des générations à travers le monde. La Francophonie apparaît ici comme un espace d’appartenance, et un outil d’influence et de dialogue entre les nations.

Les échanges ont rapidement mis en évidence le rôle central de la culture dans cette dynamique. L’art, les médias, la littérature et les échanges jeunesse sont décrits comme autant de passerelles favorisant la compréhension mutuelle.

Cependant, plusieurs défis demeurent. Le numérique s’impose comme un enjeu majeur. Les plateformes internationales, largement dominées par l’anglais, limitent la visibilité des contenus francophones. Les intervenants soulignent aussi le manque de données fiables sur les audiences francophones hors Québec, un frein important pour le financement et la reconnaissance des médias. L’idée d’un regroupement francophone capable de dialoguer avec les grandes entreprises du numérique est évoquée.

La diversité des francophonies constitue un autre axe central de la discussion. Présentes sur tous les continents, souvent en situation minoritaire, les communautés francophones partagent des réalités variées. L’Afrique se distingue comme un moteur démographique clé pour l’avenir de la langue française. Dans ce contexte, les échanges entre jeunes, les programmes scolaires et les initiatives artistiques apparaissent essentiels pour renforcer les liens et réduire l’insécurité linguistique.

Les institutions ont également un rôle déterminant à jouer. Gouvernements, universités, médias publics et organismes culturels sont appelés à travailler de concert. Le milieu universitaire, en particulier, est identifié comme un acteur clé pour favoriser la mobilité étudiante et développer des réseaux internationaux.

Malgré les obstacles, le ton demeure résolument optimiste. Certains intervenants évoquent la possibilité de « voir la Francophonie atteindre près de deux milliards de locuteurs d’ici 2050, portée notamment par la croissance démographique africaine », selon Heather Hiscox, journaliste et modératrice de la table ronde. Dans cette perspective, la diplomatie culturelle apparaît comme un outil stratégique à renforcer.

Le Canada et l’Ontario sont ainsi invités à jouer un rôle accru sur la scène internationale, notamment en vue du Sommet de la Francophonie de 2028.

« Ça va être un moment important! Peut-être que ce moment peut servir de déclic dans le cadre de la Francophonie et permettre qu’il y ait un accroissement possible », a exprimé l’ambassadeur Appolinaire Aya. Cette table ronde aura permis de tracer les contours d’une Francophonie tournée vers l’avenir, consciente de ses défis, mais riche de son potentiel.

Photo : Les participants à la discussion – De gauche à droite : Dr Jonathan Paquette, MarieChristine Morin, Edith Dumont, Heather Hiscox, Appolinaire Aya, et Xavier BrassardBédard. (Crédit : John Bauld)