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Olaïsha Francis

La montée des tensions en Iran secoue les marchés mondiaux de l’énergie. En quelques jours, les prix du pétrole et du gaz montent fortement et réveillent le souvenir de la crise énergétique de 2022. Pour les consommateurs comme pour les gouvernements, la crainte d’un nouveau choc mondial revient au premier plan.

Le baril de Brent dépasse les 82 $, un record depuis juillet 2024. Du côté du gaz naturel, les prix européens franchissent la barre des 65 euros le mégawattheure, un niveau absent depuis janvier 2023. Même si ces prix restent inférieurs aux records de 2022, lorsque le gaz dépasse 300 euros et que le pétrole franchit durablement les 100 $, la hausse actuelle inquiète les observateurs.

L’incertitude géopolitique, renforcée par les déclarations du président américain Donald Trump, qui évoque une guerre susceptible de durer « un mois ou plus », accentue la nervosité des investisseurs.

Au centre de la crise se trouve le détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel pour l’énergie mondiale. Environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié de la planète passent par ce corridor stratégique entre le Golfe persique et l’océan Indien. Toute perturbation dans cette zone provoque immédiatement une réaction des marchés.

Des menaces visant les navires commerciaux et plusieurs attaques contre des infrastructures pétrolières dans la région accentuent les craintes. Des installations situées au Qatar, à Oman et aux Émirats arabes unis subissent des dommages. Pour les analystes d’ING, le danger principal apparaît si les attaques ciblent davantage d’installations énergétiques. Cela pourrait entraîner des interruptions significatives de la production.

La Chine et l’Inde dépendent fortement des hydrocarbures du Golfe. Ces deux puissances figurent donc parmi les premières exposées aux perturbations d’approvisionnement. En Europe, les efforts de diversification entrepris après la guerre en Ukraine limitent certains risques du côté du pétrole. Toutefois, le gaz naturel liquéfié demeure un point sensible.

Les stocks européens atteignent environ 30 %, alors qu’ils s’élèvent à 62 % à la même période l’an dernier. Si la crise se prolonge jusqu’à l’hiver, la concurrence mondiale pour les cargaisons de gaz pourrait augmenter fortement.

Marchés financiers sous pression

La hausse des prix de l’énergie provoque déjà un recul des marchés boursiers. Les investisseurs redoutent le retour d’un scénario de stagflation, qui combine inflation élevée et croissance économique fragile.

Au Canada, les consommateurs pourraient rapidement ressentir les effets de cette crise énergétique. Dan McTeague, président de Canadians for Affordable Energy, explique que cela devrait rappeler à tous les Canadiens la nécessité de développer notre secteur des ressources naturelles afin de nous prémunir contre les événements tumultueux dans un monde incertain.

Selon lui, « Le Canada possède certaines des plus grandes réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel au monde. L’idée que notre économie soit aussi vulnérable aux perturbations énergétiques à l’autre bout du monde est une folie, a déclaré M. McTeague. Il est temps qu’Ottawa passe à l’action : construire les pipelines dont nous avons besoin, réduire les formalités administratives qui étouffent notre industrie énergétique et libérer nos abondantes ressources en pétrole et en gaz naturel. C’est la véritable voie vers la sécurité énergétique, l’accessibilité financière et la protection des Canadiens ordinaires contre ces hausses de prix punitives. »

M. McTeague a poursuivi : « Cela permettrait également au Canada de s’imposer comme un fournisseur fiable d’énergie hydrocarbonée pour les nations du monde entier, alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales sont menacées. »

« Avec la hausse récente du prix de l’essence, je le remarque vraiment dans mon budget. Je fais environ deux heures de trajet par jour, donc je dépends beaucoup de ma voiture pour me déplacer. Même une augmentation qui peut sembler petite finit par s’accumuler assez vite quand on conduit autant. Ça me fait réfléchir davantage à mes dépenses et je pense que beaucoup de gens qui, comme moi, font de longs trajets commencent à s’inquiéter si les prix continuent de monter, mais cela n’est rien face à la mort de millier d’innocents à cause de la guerre en Iran », a partagé Nathan Descôtes, étudiant qui effectue des trajets réguliers entre Mississauga et Toronto.

Pour l’instant, les réserves stratégiques mondiales et certaines capacités de production encore disponibles permettent d’absorber une partie du choc. Toutefois, la situation reste très instable. Les tensions militaires, les attaques ciblées et les rivalités diplomatiques maintiennent une forte incertitude sur les marchés.

La durée du conflit représente la grande inconnue. Si les perturbations dans le détroit d’Ormuz persistent, l’équilibre énergétique mondial pourrait se fragiliser davantage.

Après la pandémie et la guerre en Ukraine, l’économie mondiale fait face à une nouvelle question majeure.