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Face à la montée de l’itinérance dans la région du Grand Toronto, l’organisme Two Steps Home propose de créer des communautés de cabines aménagées destinées aux personnes sans domicile fixe. Le premier projet pilote doit voir le jour à Durham d’ici la fin de 2026 et pourrait transformer l’approche canadienne.
Olaïsha Francis – IJL – Le Métropolitain
Plus de 15 000 personnes vivent actuellement en itinérance dans la région du Grand Toronto. Entre les refuges d’urgence et les campements de fortune, des centaines d’hommes et de femmes tentent chaque jour de survivre à la chaleur, au froid et à l’instabilité. Pour l’association ontarienne Two Steps Home, la réponse à cette crise passe par un modèle de transition axé sur la dignité et le rétablissement.
L’organisme milite depuis 2023 pour la création de « cabines communautaires », un concept inspiré de projets semblables déjà implantés ailleurs en Amérique du Nord. Chaque site comprend 50 micro-habitations destinées à accueillir des personnes sans-abri pendant une période de 12 à 24 mois.
Ces résidences de 96 pieds carrés disposent d’une porte verrouillable, d’un système de chauffage, de climatisation et d’une ventilation adéquate. Des installations communes, telles que des douches, une buanderie, une cuisine et des espaces de rassemblement, complètent l’ensemble.
Pour Sheila Penny, administratrice de l’association et ancienne directrice des opérations de Toronto Community Housing, cette formule répond à une réalité souvent négligée.
« Lorsque nous logions directement une personne qui vivait dans la rue, cela ne fonctionnait pas toujours. Plusieurs retournaient rapidement dans les campements parce qu’elles n’avaient pas les outils nécessaires pour réussir leur transition », explique-t-elle.
Selon elle, les personnes sans-abri deviennent des expertes de la survie quotidienne, mais perdent parfois les repères indispensables à une vie autonome. Le programme vise donc à offrir un environnement stable où elles peuvent reprendre leur souffle, recevoir des services de santé, renouer avec leurs proches et développer des compétences de base.
« Elles obtiennent une clé, une adresse et un endroit qui leur appartient. C’est le premier pas vers la reconstruction », souligne Mme Penny.
Le premier projet pilote est en voie de réalisation dans la région de Durham. Le Comité plénier de la municipalité a donné son approbation et les promoteurs poursuivent leur campagne de financement. Le coût total de l’initiative est évalué à 5,5 millions $. Deux millions sont déjà assurés grâce à des dons privés et à des engagements de partenaires locaux.
« À Durham, compte tenu du nombre de sans-abri que nous comptons, nous estimons que pour chaque communauté pilote, nous devrions être en mesure, sur une période de 12 à 24 mois, de voir 30 personnes réintégrer avec succès un logement permanent au terme de leur parcours », selon Mme Penny.
Parallèlement, Two Steps Home collabore avec la Ville de Toronto dans l’espoir d’implanter un projet semblable dans la métropole. La décision concernant cet appel de propositions est toujours attendue.
Pour Sheila Penny, cette approche représente bien davantage qu’une mesure d’urgence.
« Je trouve inacceptable que, dans une ville aussi prospère que Toronto, des gens dorment encore dans la rue. Nous pouvons faire mieux. Cette stratégie peut devenir un véritable outil pour mettre fin à l’itinérance », conclut-elle.
Si les premiers résultats s’avèrent concluants, le modèle pourrait être reproduit ailleurs en Ontario, puis à travers le pays.
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Photo : Une cabine prototype à Durham (Crédit: Two Steps Home)