Et si un repas partagé pouvait être l’occasion de parler de sujets importants? Le 29 août dernier, parents et enfants se sont réunis pour discuter de questions qui touchent leur quotidien : l’image du corps noir, les critères de beauté, l’identité culturelle et la discrimination, notamment à l’école.
Pour commencer la rencontre, les jeunes ont été invités à parler de leurs passions. Trois sujets sont rapidement ressortis : la beauté, les jeux ainsi que le sport.
Ces sujets peuvent sembler simples, mais ils ont permis d’aborder des expériences bien réelles. L’intervenante Nafee Faigou a fait le lien entre les discussions et les situations que certains jeunes peuvent vivre. Les cheveux, l’apparence, la façon de voir son corps ou encore le rapport à sa culture peuvent parfois devenir des sources de pression ou de commentaires blessants.
Une mère a notamment raconté le parcours difficile de sa fille, moquée à l’école en raison de ses cheveux naturels afro, coiffés selon la tradition familiale. Son témoignage a amené les parents à se poser une question : leurs enfants se sentent-ils assez en confiance pour leur parler lorsqu’ils vivent une situation de racisme ou de discrimination?
Pour Ange-Noël, conseiller en communication à EcoAmbassadeurs et responsable d’ateliers de robotique, il est important de donner aux jeunes et aux parents les moyens de mieux comprendre ces situations et de savoir quoi faire.
« Il faut s’assurer que ceux qui sont présents soient outillés », explique-t-il. Cela passe notamment par une meilleure connaissance des ressources disponibles, mais aussi par la création de liens entre les jeunes pour qu’ils puissent devenir des ambassadeurs auprès de leurs pairs.
Le projet prévoit huit ateliers avec différents groupes de jeunes. Les participants pourront notamment parler de discrimination et « raconter leurs histoires au moyen de l’art », explique Ange-Noël. Les travaux réalisés pourront ensuite être présentés lors d’une grande journée communautaire.
La démarche prévoit aussi des activités avec les mêmes jeunes et leurs parents, alors que d’autres participants pourront se joindre au projet. L’idée est de poursuivre les discussions, de mettre les apprentissages en pratique et de voir ce qui peut réellement changer dans la vie des jeunes.
Ange-Noël souligne toutefois qu’il existe encore un écart entre les recherches sur l’équité et ce qui se passe sur le terrain. « On voit beaucoup de rapports, beaucoup de recherches, mais on ne voit pas toujours le résultat dans le système scolaire », dit-il.
Le projet Éducation pour l’équité, porté par EcoAmbassadeurs avec le soutien de la Fondation pour les communautés noires, utilise l’art dramatique, l’écriture et les arts visuels pour aider les jeunes à mieux comprendre le racisme, à partager leurs expériences et à prendre leur place dans leur communauté.
Les activités se poursuivront jusqu’en mars 2027, notamment avec des Boot Camps virtuels et des échanges de suivi.
La rencontre de North York aura surtout permis aux parents et aux jeunes de prendre le temps de s’écouter, de partager leurs expériences et de mieux comprendre les réalités de chacun.
Photo : Des jeux de rôle ont favorisé les échanges dans une ambiance conviviale. (Crédit EcoAmbassadeurs)




