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Colomban Mac Nab

Nous ne sommes pas encore en été mais l’hiver canadien est bel et bien terminé, comme en témoignent les températures positives à deux chiffres de ces derniers jours. C’est cette période de transition entre l’hiver et le printemps qui est mise à l’honneur à l’Alliance française par le biais de la pellicule du photographe français Olivier Marchesi.

Pour la cinquième édition de sa résidence photo, l’Alliance a fait appel au photographe pour développer un projet artistique centré sur « l’exploration du monde torontois pendant la transition entre l’hiver et le printemps, dans une perspective de traduire visuellement les nuances des interactions du couple humain-nature ». C’est au carrefour entre Spadina Road et Lowther Avenue, dans une grande maison victorienne de briques rouges, que l’Alliance française de Toronto a posé ses valises en 1986 après plusieurs déménagements.

En poussant la porte de l’Institut culturel et linguistique : les photographies principalement en noir et blanc d’Olivier Marchesi, minutieusement accrochées aux murs. L’intitulé de l’exposition Nous, Ciel, Eau, Terre, sommes le mouvement du monde, est issu d’une œuvre textuelle du collectif Smudge Studio et s’inscrit dans une installation conçue par Lisa Hirmer lors de sa résidence auprès de Waterfront Toronto en 2022.

Le titre de l’exposition invite les visiteurs à saisir les mouvements infimes et les mutations discrètes de la ville et sa végétation à l’aube du printemps et au crépuscule de l’hiver. Les photographies mettent en avant le croisement des saisons, avec une végétation qui réapparaît et reprend vie progressivement mais des arbres toujours nus et frêles.

Les quelques photos en couleur viennent rappeler l’arrivée imminente du printemps, bien que la salle d’exposition soit principalement ornée de clichés en noir et blanc.

Au détour de la visite, une petite salle attenante à la pièce principale permet de visionner une vidéo sur Olivier Marchesi. De ses débuts sur internet à son invitation à Toronto par l’Alliance française, le photographe de 49 ans, originaire d’Avignon et résidant à Montreuil en région parisienne, explique avoir d’abord commencé sa carrière par créer des sites internet en faisant du graphisme.

C’est le travail de l’image qui l’a poussé à poursuivre dans la photographie, d’abord numérique puis argentique après la rencontre d’un vétéran de ce procédé. Ce dernier utilise une pellicule sensible à la lumière pour capturer des images nécessitant un développement en laboratoire.

Loin des procédés très modernes d’aujourd’hui et des appareils numériques bourrés de technologies, Olivier Marchesi est tombé amoureux de l’authenticité créée par l’argentique. En effet, une pellicule chargée dans un de ces appareils permet généralement d’obtenir 36 prises de vue, ce qui limite la ressource et induit un rapport au temps différent que le photographe français apprécie particulièrement. Mieux sa passion pour l’argentique.

La fin de la visite emmène les visiteurs au rez-de-chaussée où les briques rouges font face au mur blanc, avec des clichés capturant des instants de vie quotidienne, le côté vintage ramenant les visiteurs des décennies en arrière.

L’exposition se poursuit jusqu’au 30 mai à l’Alliance française de Toronto.

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Photo : Photos prises par Olivier Marchesi durant sa résidence à Toronto près du Waterfront pour l’Alliance Française. (Crédit : Colomban Mac Nab)