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Chrismène Dorme

Sous une pluie battante, une vingtaine de curieux ont bravé les intempéries, le dimanche 12 avril, pour participer à une visite guidée organisée par la Société d’histoire de Toronto dans le cadre de ses historitours. Le point de rendez-vous était fixé à l’intersection de l’avenue Madison et de la rue Bloor Ouest, au centre-ville.

Malgré la pluie, l’enthousiasme était au rendez-vous, comme le souligne Rolande Smith, présidente de l’organisme et guide pour l’occasion aux côtés de Silvia Oliveira : « Faire une visite avec des parapluies n’est pas toujours pratique, mais tous étaient très enthousiastes ».

La visite proposait une immersion sur l’avenue Madison, une rue résidentielle remarquablement homogène, bordée de maisons de style Queen Anne, construites à la fin du XIX siècle. Ce courant architectural, issu de la période victorienne et inspiré du règne d’Anne Stuart (1665-1714), se distingue par son caractère à la fois fantaisiste et sophistiqué. Les habitations présentent des formes irrégulières, des plans asymétriques et des combinaisons complexes de volumes. Les façades en briques rouges sont souvent agrémentées de détails décoratifs en terre cuite, tandis que certaines propriétés arborent des plaques historiques.

Plusieurs de ces maisons ont été conçues par des architectes torontois de renom, dont E.J. Lennox, ce qui contribue à faire de ce secteur un exemple unique du patrimoine architectural local. Les participants se sont d’ailleurs montrés surpris par la proximité des habitations et leur asymétrie marquée. « Je n’ai jamais remarqué cela », confie l’un d’eux, et souligne à quel point ces détails échappent souvent au regard quotidien.

Au-delà de la découverte esthétique, la visite avait aussi une portée éducative. « Les visiteurs viennent parce qu’ils ne connaissent pas, mais par la même occasion on les sensibilise », explique Rolande Smith. L’objectif est aussi d’encourager le public à rester informé des enjeux qui pourraient menacer ces ensembles architecturaux.

À ce titre, la guide évoque l’héritage de Jane Jacobs, figure majeure de l’urbanisme, dont l’engagement a permis de préserver des quartiers emblématiques de Toronto. Sans son intervention, le quartier de l’Annex aurait notamment été profondément transformé par le projet d’autoroute Spadina.

Tout au long du parcours, les questions ont fusé : sur les styles architecturaux, les matériaux utilisés, mais aussi sur les défis liés à la conservation et à la restauration de ces maisons anciennes. Une preuve, s’il en fallait, que même sous la pluie, la curiosité et l’intérêt pour le patrimoine demeurent bien vivants.

Photo : Le groupe attentif aux explications devant l’une des maisons (Crédit : SHT)