Chrismène Dorme
Alors que le Mois de l’histoire des Noirs s’est achevé, le Mois de la Francophonie a débuté en mars et s’accompagne de nombreuses activités au sein de la communauté francophone de Toronto. À la croisée de ces deux temps forts, une initiative de Point Ancrage Jeunesse (PAJ) est venue rappeler l’importance de bâtir l’avenir tout en honorant des parcours inspirants
C’est dans ce contexte que l’organisme a réuni la jeunesse afrodescendante francophone autour du thème « Construis ton indépendance dès maintenant : entreprendre et gérer ton argent ». Une soirée conçue pour répondre à des besoins bien réels et mieux comprendre les mécanismes financiers, oser entreprendre et se projeter avec confiance dans le monde professionnel.
« L’idée, c’était vraiment d’outiller la jeunesse afrodescendante, de donner aux jeunes la possibilité de pouvoir s’affirmer et d’avoir du pouvoir, et puis de choisir aussi des modèles qui ont réussi », explique Mamadou Ndaw, coordonnateur des projets au sein de PAJ. Pour lui, proposer un groupe de discussion pour cette jeunesse francophone était essentiel afin de créer un espace où chacun peut se reconnaître et s’exprimer librement.
La discussion, animée par Elykiah Doumbé, présidente du Mouvement pour l’inclusion des communautés racisées de l’Ontario, a rassemblé des intervenantes issues des milieux de l’éducation financière, du coaching professionnel, du soutien aux entrepreneurs et de l’entrepreneuriat au féminin. Parmi elles figuraient Alexia Kitoko, Wafa Oubella, Lina Ravalojaona et Yéléna Mensah. Toutes ont partagé des trajectoires marquées par des détours, des apprentissages et une détermination constante.
Un message commun s’est dégagé : l’entrepreneuriat est possible, à condition d’accepter l’erreur comme étape d’apprentissage. Les échanges ont également permis d’aborder sans détour la question de l’argent, souvent perçue comme taboue. Les panélistes ont insisté sur l’importance de comprendre les bases de la gestion financière, d’éviter le surendettement et de planifier avec rigueur afin de réussir son projet entrepreneurial.
La soirée s’est déroulée dans une atmosphère conviviale et structurée, grâce à l’implication de nombreux bénévoles. Après un moment de réseautage et un repas partagé, le groupe de discussion a laissé place à une période de questions animée, où les jeunes ont exprimé leurs préoccupations et leurs ambitions. « C’était vraiment un très bon moment, un moment fort pour la communauté », souligne Mamadou Ndaw.
Des témoignages particulièrement marquants ont ponctué la rencontre. Une jeune peintre, accompagnée par PAJ pendant plusieurs années, a raconté comment elle a réussi à lancer son entreprise d’œuvres d’art. Un créateur de vêtements a également partagé son parcours et les stratégies mises en place pour structurer son activité et ouvrir un site de vente en ligne lucratif. Ces récits concrets ont illustré les conseils entendus plus tôt dans la soirée et renforcé l’idée que les projets, même modestes au départ, peuvent prendre de l’ampleur avec un accompagnement adapté.
Au-delà de cette rencontre, PAJ souhaite poursuivre son travail de sensibilisation et de formation. « On veut vraiment démystifier des sujets comme celui de la gestion de l’argent. Nous réfléchissons à d’autres initiatives pour continuer à aider les jeunes francophones à développer des compétences professionnelles, mais aussi personnelles », affirme M. Ndaw.
Alors que les activités du Mois de la Francophonie battent leur plein, cette initiative trace un fil conducteur entre mémoire et action. La jeunesse francophone afrodescendante de Toronto se tourne vers l’avenir avec des outils concrets, des modèles inspirants et la volonté affirmée de construire son indépendance.
Photo : De gauche à droite : Wafa Oubella, Yelena Mensah, Lina Ravalojaona, Alexia Kitoko, Elykiah Doumbé et Edwige Ngom (Crédit : PAJ)






