Alexia Grousson

Lancés en 2025 par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), les États généraux de l’Ontario français s’inscrivent dans un contexte où la francophonie ontarienne est confrontée à d’importants défis démographiques, sociaux et institutionnels.

Face à ces transformations, il devenait essentiel de créer un espace de réflexion collective afin de mieux comprendre ce que signifie vivre en français en Ontario aujourd’hui et d’identifier les conditions nécessaires pour assurer la vitalité de la communauté à long terme.

Cette démarche offre à la communauté franco-ontarienne l’occasion de s’exprimer, de faire entendre ses préoccupations et de montrer ses forces et ses aspirations. Plutôt que de proposer des réponses prédéfinies, les États généraux visent à favoriser le dialogue et la prise de position collective, en permettant à la communauté de tracer elle-même les grandes orientations de son avenir.

L’Acte 1, mené de mai à novembre 2025, visait à dresser un diagnostic partagé de la francophonie ontarienne. Il a mobilisé la communauté de façon inédite : des dizaines d’entretiens avec des leaders, un sondage de plus de 2000 participants, des forums régionaux, des assemblées citoyennes et une étude sociodémographique prospective. Cet exercice a agi comme un électrochoc. Il a révélé certaines fragilités et a souligné l’urgence de mobiliser la communauté pour l’avenir.

Des constats clairs ont été tirés à la suite de cette prise de conscience : « La francophonie ontarienne perd du poids démographique et fait face à un risque réel d’érosion à long terme. La lutte contre l’assimilation et la réussite de l’immigration francophone apparaissent comme des leviers essentiels, mais encore insuffisamment soutenus.

« Les transformations démographiques soulèvent également des enjeux importants d’identité, d’appartenance et de cohésion communautaire. Les besoins en services et en infrastructures en français augmentent, alors que les capacités organisationnelles sont déjà sous tension. Enfin, les organisations communautaires demeurent fragiles, parfois peu coordonnées, et confrontées à des défis de collaboration et de gouvernance », peut-on dans le communiqué de l’AFO.

De cet exercice sont ressorties quatre priorités : réussir l’immigration tout en préservant l’identité francophone, améliorer l’accès et la qualité des services en français, renforcer la coordination entre les organisations et mettre en place une gouvernance claire aux niveaux provincial et régional. Ces constats mettent en valeur les enjeux de cohésion, de ressources et de collaboration qui conditionnent la vitalité de la francophonie ontarienne.

L’Acte 2 marque le passage de la prise de conscience à l’action collective. Il transforme le diagnostic en solutions concrètes adaptées aux réalités régionales, sectorielles et identitaires. Un Livre vert, prévu pour le printemps 2026, servira de document de consultation stratégique : il synthétisera les constats précédents et proposera des pistes de réflexion pour alimenter le débat, sans imposer de décision. De mars à juin 2026, l’AFO mènera une tournée provinciale, combinant consultations régionales et rencontres sectorielles dans une vingtaine de villes, afin de mobiliser les communautés et préparer les choix collectifs à venir.

À la fin de l’Acte 2, un Livre blanc sera publié à l’automne 2026. Il regroupera les enseignements du Livre vert et des consultations pour proposer des recommandations claires et des leviers d’action collective. Le congrès annuel 2026 servira de moment d’arbitrage. Il permettra de prioriser ces pistes et jettera les bases d’un Plan stratégique communautaire qui guidera l’action collective dans les années suivantes.

L’Acte 3 (2026–2029) sera consacré à la mise en œuvre concrète de ce plan, à son adaptation aux réalités régionales et sectorielles et au suivi de ses progrès, afin d’assurer un impact durable pour la francophonie ontarienne.