Chrismène Dorme
Ce n’était pas pour répondre aux questions de la police, mais bien pour dialoguer avec elle que des francophones de Toronto se sont retrouvés, le mardi 10 mars, au musée du Service de police de Toronto. À l’occasion d’un « 5 à 7 » intitulé On jase avec la police, citoyens, recruteurs et agents se sont rencontrés dans une ambiance conviviale, loin de l’image formelle d’un interrogatoire.
Organisée par le Comité consultatif francophone du Service de police de Toronto dans le cadre du Mois de la Francophonie, la rencontre avait pour objectif de favoriser les échanges directs entre policiers et membres de la communauté.
Aux côtés de la cheffe surintendante Shannon Dawson, Serge Paul, coprésident du Comité, a rappelé l’importance de cette initiative. « On voulait profiter de cet engouement du mois de mars pour la Francophonie internationale et créer une rencontre afin de rassembler des francophones et des agents de police francophones », explique-t-il.
Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité d’une première initiative organisée avec les étudiants du Collège Boréal. Cette fois encore, plusieurs policiers en uniforme ainsi que l’équipe de recrutement étaient présents pour répondre aux questions du public.
Depuis près de 20 ans, le Comité consultatif travaille à améliorer l’accès aux services policiers en français et à encourager les francophones à utiliser les ressources disponibles.
« Notre rôle est de faire en sorte que les communautés francophones utilisent les services déjà offerts afin qu’ils puissent être renforcés », souligne M. Paul. Le projet vise aussi à rappeler aux autorités que les francophones de Toronto sont nombreux et qu’ils ont besoin de services adaptés.
Au cours de la soirée, les échanges ont porté sur plusieurs sujets. Certains participants se sont montrés intéressés par une carrière dans les forces de l’ordre, tandis que d’autres souhaitaient mieux comprendre le fonctionnement du système policier canadien.
Pour les nouveaux arrivants, la rencontre avait également une dimension rassurante. « Beaucoup viennent de pays où la police peut être très répressive ou abuser de son pouvoir. L’objectif était de montrer une police canadienne plus humaine, réellement là pour servir et protéger », assure Serge Paul.
Les réactions des participants ont été très encourageantes. Plusieurs ont exprimé leur satisfaction à l’issue de la rencontre et certains ont même manifesté leur intérêt à s’impliquer davantage.
« Certaines personnes nous ont écrit par courriel pour demander à devenir membres bénévoles du Comité », indique le coprésident. Le Comité est composé de représentants du Service de police de Toronto ainsi que de membres civils issus des communautés francophones.
D’autres ont souhaité obtenir de l’information sur le recrutement et les formations nécessaires pour devenir policier.
En plus des discussions, les invités ont participé à une chasse au trésor à travers le musée afin de découvrir l’histoire du Service de police de Toronto. Des prix ont été remis aux gagnants, le tout dans une atmosphère détendue autour d’un buffet.
Pour les organisateurs, ce type de rencontre contribue à renforcer la confiance et la collaboration entre la police et la communauté francophone de Toronto.
Le Comité travaille déjà sur d’autres projets, notamment l’organisation d’une conférence consacrée à la santé mentale, un enjeu qui touche de plus en plus la population. L’objectif serait de réunir policiers et psychologues afin d’échanger sur les meilleures façons d’accompagner les personnes en difficulté et d’améliorer leur prise en charge.
Par le biais de ces initiatives, le Comité espère poursuivre le dialogue et encourager une collaboration durable entre les francophones et les forces de l’ordre.
Photo : Les membres du Comité consultatif communautaire francophone du Service de police de Toronto, en compagnie de plusieurs agents francophones, ont accueilli la communauté au musée de la police. (Crédit : Service de police de Toronto)






