Olaïsha Francis
Une centaine de personnes se sont réunies le 28 mars pour le gala du Prix excellence Akwaba, un événement marqué par une ambiance festive et engagée. Animée par Paul Lionel Gallé, la soirée a mis en valeur les talents et les parcours inspirants de la jeunesse afrodescendante, et a ouvert un espace de réflexion sur des enjeux sociaux majeurs.
Dès le début, le ton est donné avec le mot du président d’Akwaba, Didier Koffi. « L’avenir ne se prépare pas demain, il se construit aujourd’hui. Prenons le temps de célébrer le parcours, l’engagement, l’excellence, mais surtout cette jeunesse qui nous montre le chemin », a-t-il lancé.
La scène a ensuite accueilli plusieurs performances artistiques. Le groupe Afrogem, composé de jeunes ados, a présenté une prestation de danse rythmée. Puis, la chanteuse gospel Christelle Onomo-Lopes, accompagnée de Rochelle, a offert un moment musical interactif, invitant le public à participer dans une ambiance conviviale.
Après le repas, place à un moment de réflexion autour du thème Nos histoires, nos récits. La discussion était animée par Marie-Thérèse Awitor. Les échanges ont réuni Josée Roberge, directrice du Service de l’éducation citoyenne et identitaire au Csc MonAvenir, et Micheline Rabet, fondatrice d’Équiconnect, autour de questions liées au racisme et aux expériences vécues par les jeunes afrodescendants.
La discussion a inévitablement souligné la reconnaissance par l’ONU de l’esclavage et de la traite transatlantique comme l’un des plus graves crimes contre l’humanité. Les invitées ont abordé les impacts du racisme sur la santé mentale, notamment à travers les micro-agressions et leur effet cumulatif.
« Les jeunes nous disent souvent que les adultes ne comprennent pas toujours ce qu’est le racisme ou en minimisent l’impact », a souligné Marie-Thérèse Awitor. De son côté, Micheline Rabet a insisté sur les conséquences concrètes. « Nous sommes constamment en hyper vigilance. Le stress, l’isolement et la difficulté à s’épanouir en sont des effets directs. »
Josée Roberge a rappelé que le racisme repose sur des constructions historiques et systémiques. Elle a appelé à une responsabilité collective, et a incité les parents et les institutions à dénoncer les comportements déplacés. « Ce ne devrait pas être le fardeau de l’élève d’aller chercher de l’aide, mais bien aux écoles de mettre en place des espaces sécuritaires et bienveillants où les élèves n’ont pas à subir », a-t-elle dit.
Invité d’honneur, Svens Telemaque a livré un témoignage personnel marquant. Il a évoqué les défis rencontrés dans sa jeunesse et les influences qui l’ont mené à faire certains choix. « Souvent, les jeunes qui deviennent délinquants ne sont pas des mauvais enfants de base, mais des enfants qui cherchent l’amour au mauvais endroit », a-t-il affirmé. Il s’est adressé directement aux adolescents, et les a encouragés à croire en eux et à faire preuve de discernement.
La soirée s’est conclue par la remise de neuf prix d’excellence Akwaba, répartis en trois catégories, soit minime pour les 8 à 12 ans, junior pour les 13 à 15 ans et majeur pour les 16 ans et plus. Un moment festif animé par le DJ Jean David a clôturé l’événement.
Entre célébration et réflexion, le gala Akwaba a de nouveau rassemblé la communauté autour de la jeunesse et ses réalités, dans une volonté de dialogue et de reconnaissance.
Photo : Le buffet (Crédit : Le Régional)






