Christiane Beaupré
Le gouvernement du Canada a atteint un jalon important en matière d’immigration francophone. Pour une quatrième année consécutive, Ottawa a dépassé sa cible d’admissions de résidents permanents d’expression française hors Québec, confirmant ainsi le rôle central de l’immigration dans la vitalité économique, culturelle et linguistique des communautés francophones et acadienne en situation minoritaire.
Selon l’annonce faite le 19 janvier par la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab, environ 29 500 nouveaux résidents permanents francophones ont été admis en 2025 à l’extérieur du Québec, ce qui représente environ 8,9 % de l’ensemble des admissions hors Québec. Le gouvernement avait pourtant fixé un objectif de 8,5 %, un seuil déjà ambitieux.
Cette progression s’inscrit dans une stratégie plus large visant à répondre aux besoins criants en main-d’œuvre et à renforcer le poids démographique des francophones à travers le pays. Elle est le résultat d’un travail concerté entre Ottawa, les provinces, les territoires et les partenaires communautaires, qui multiplient les initiatives pour attirer et retenir des personnes immigrantes francophones.
Dans le cadre du Plan des niveaux d’immigration 2026-2028, le gouvernement entend aller encore plus loin. Dès 2026, 5000 places fédérales seront réservées pour permettre aux provinces et aux territoires de désigner des personnes immigrantes d’expression française. Ces places s’ajouteront aux quotas habituels du Programme des candidats des provinces et devraient contribuer à atténuer la pénurie de travailleurs francophones et bilingues dans plusieurs secteurs clés.
« Aujourd’hui, nous réaffirmons notre engagement envers l’immigration francophone. Les nouveaux arrivants d’expression française sont essentiels à la vitalité économique et au renforcement de la main-d’œuvre des communautés francophones et acadienne en situation minoritaire », a déclaré la ministre Lena Metlege Diab, soulignant leur contribution à l’épanouissement des communautés et au rayonnement des langues officielles.
Cette annonce s’appuie sur une série de mesures déjà en place, dont la catégorie de la compétence linguistique en français dans le système Entrée express, le programme Mobilité francophone et l’Initiative des communautés francophones accueillantes, qui est passée de 14 à 24 collectivités participantes au cours de la dernière année. Ces outils permettent non seulement d’attirer des talents francophones du monde entier, mais aussi de mieux accompagner leur intégration et leur rétention à long terme.
Le gouvernement a également fixé de nouvelles cibles progressives pour les prochaines années : 9 % d’admissions francophones hors Québec en 2026, 9,5 % en 2027 et 10,5 % en 2028. L’objectif ultime demeure clair : atteindre 12 % d’ici 2029, afin de rétablir et de consolider le poids démographique des communautés francophones et acadienne en situation minoritaire.
Ces engagements s’inscrivent dans les priorités annoncées dans le Budget fédéral de 2025, qui mise sur l’immigration pour stimuler la croissance économique, soutenir les régions et répondre aux besoins en main-d’œuvre. Pour les organismes communautaires et les gouvernements provinciaux, ces résultats confirment que l’immigration francophone n’est plus seulement un enjeu linguistique, mais un véritable levier de développement pour l’ensemble du pays.
En dépassant sa cible en 2025 et en annonçant de nouveaux outils pour les années à venir, Ottawa envoie un signal fort aux communautés francophones : leur avenir passe aussi par l’accueil et l’intégration de nouveaux arrivants, appelés à jouer un rôle déterminant dans la vitalité, la diversité et la pérennité du français au Canada.
Photo : La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab (Crédit : Immigration et Citoyenneté Canada)






