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Colomban Mac Nab

Le 11 mai dernier, la Société d’histoire de Toronto (SHT) célébrait ses 40 ans lors de son Assemblée Générale, l’occasion de revenir sur les projets marquants de l’année écoulée et de renouveler l’équipe dirigeante.

Cinq conférences à l’Alliance française, 22 Historitours, une série de balados sur la mémoire vivante de la francophonie torontoise ou encore des conférences au Collège Boréal : une année 2025 chargée pour la SHT. L’Assemblée s’est poursuivie avec l’élection du Conseil d’administration : Catherine Frelin est réélue vice-présidente, Marie Oriou élue secrétaire générale, et le nouveau poste d’administratrice générale revient à Wafa, ancienne magistrate française arrivée à Toronto en août dernier, qui souhaitait s’investir dans un projet francophone.

La soirée s’est poursuivie avec une conférence de Colin Coates, professeur d’études canadiennes et d’histoire à Glendon (Université York) et président de la Société Historique du Canada, sur la culture politique au Canada sous Louis XIV. Également auteur d’un ouvrage sur le sujet (Political Culture in Louis XIV’s Canada, McGill-Queen’s University Press, 2024), je l’ai rencontré en marge de l’événement.

Quel rôle joue Glendon dans le bilinguisme canadien?

Glendon est l’une des seules institutions bilingues au Canada où l’on offre des cours dans les deux langues, j’ai déjà enseigné un même cours en français et en anglais à la fois [rires]. C’est assez rare comme institution.

Comment trouvez-vous que la SHT défend la francophonie en Ontario?

C’est la première fois que je viens, mais j’ai l’impression qu’ils font beaucoup d’activités. Les visites guidées mettent en valeur l’histoire française de Toronto, qui est réelle : la première population européenne ici était française, avant que la ville ne devienne un fort britannique.

Qu’est-ce que la colonisation sous Louis XIV (1663-1715) nous dit sur le Canada d’aujourd’hui, notamment sur le rapport entre le Québec et le reste du pays ?

Je pense que cette période démontre l’importance de la présence francophone au Canada entier. Elle a créé des systèmes qui perdurent aujourd’hui, comme le système judiciaire distinct du Québec. Si une population francophone existe en Amérique du Nord, c’est grâce au choix de Louis XIV d’établir une colonie dans la Vallée du Saint-Laurent et en Acadie.

Comment expliquez-vous, malgré le fait que la colonie se soit construite sous la monarchie absolue du Roi Soleil, qu’elle ait perduré et « réussi », car le français y est aujourd’hui très défendu. C’est différent des anciennes colonies françaises qui ont parfois un rapport difficile à la métropole alors qu’elles se sont aussi construites dans la difficulté, la guerre, etc.

La présence française dans la Vallée du Saint-Laurent a duré plus de deux cents ans, laissant le temps d’établir des structures héritées de la France : le système judiciaire, l’Église, le système foncier (visible encore aujourd’hui sur les cartes). En Louisiane, l’immigration anglophone a progressivement déplacé les francophones, ce qui n’a pas été le cas au Québec, où les francophones tenaient solidement leurs terres dans la Vallée du Saint-Laurent. La Confédération canadienne leur a ensuite accordé une certaine autonomie, leur permettant de dominer la province.

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Photo : Quelques membres de la Société d’histoire de Toronto. De gauche à droite : Guillaume Gogo, Chloé Saulas, Dominique Guillaumant, Wafa Smiai, Catherine Frelin, Marie Oriou, Mathieu Torres, Rolande Smith (présidente). (Crédit : Colomban Mac Nab)