Dans un contexte économique en évolution rapide, la Société Économique de l’Ontario entreprend une réorganisation stratégique visant à améliorer la coordination interne, optimiser les services offerts et renforcer sa capacité à soutenir la croissance des entrepreneurs et chercheurs d’emploi francophones dans l’ensemble de la province.
Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain
Le 5 février a marqué un tournant pour la Société Économique de l’Ontario (SÉO), par l’annonce d’une importante réorganisation interne visant à mieux répondre aux besoins de la francophonie économique ontarienne et à consolider son rôle de pilier du développement économique francophone.
L’Ontario compte la plus importante population francophone du pays après le Québec. En s’appuyant sur la définition inclusive de francophone du Commissariat aux services en français, Statistique Canada recensait 652 540 francophones dans la province en 2021. Un bassin considérable qui exige des services mieux intégrés, plus agiles et davantage connectés aux réalités du marché.
La réorganisation vise avant tout à décloisonner les équipes et à renforcer la cohérence des opérations. Désormais, l’ensemble des activités de la SÉO sera regroupé sous deux nouvelles vice-présidences : Programmes et opérations et Services corporatifs. Ce nouvel organigramme permettra d’assurer un leadership transversal et une meilleure coordination des actions sur le terrain.
« L’idée, c’était de partager les meilleures pratiques et les ressources entre les différents programmes, explique Catherine Bachand, directrice générale de la SÉO. Avant, nous avions une vingtaine de projets et programmes distincts. En les regroupant, nous voulons avoir plus d’impact sur le terrain. »
Pour la direction de l’organisme, cette transformation s’imposait. « La SÉO existe depuis un quart de siècle maintenant. C’est une transformation qui arrive probablement à point, dans un environnement en pleine mouvance. Le monde change, donc nous aussi », souligne Mme Bachand.
Le regroupement des activités sous deux vice-présidences permettra notamment de professionnaliser davantage les services offerts et d’en accroître l’impact au quotidien. Dans le Sud-Ouest ontarien, le projet « Élan F » illustre cette approche. Mené en partenariat avec Impact ON, autre acteur clé du développement économique franco-ontarien, ce programme est le premier incubateur francophone de la région. Il s’adresse aux personnes nouvellement arrivées qui souhaitent lancer leur entreprise à Hamilton.
Parmi les changements structurants figure la création, une première pour la SÉO, d’une unité d’affaires unique qui regroupera l’ensemble des services d’accès à l’emploi. Une décision directement liée à l’évolution du marché du travail et aux besoins croissants des chercheurs d’emploi et des employeurs francophones et bilingues.
Du côté des Services corporatifs, la réorganisation regroupe les services de soutien internes, ainsi que des leviers essentiels pour l’écosystème francophone. Une nouvelle unité de Technologie et innovation a notamment pour mandat de développer des outils afin de connecter les chercheurs d’emploi partout en Ontario avec des entreprises à la recherche de main-d’œuvre francophone et bilingue.
La SÉO souhaite également renforcer l’ancrage de la francophonie économique ontarienne au sein des réseaux nationaux. Membre du Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) Canada), la SÉO entend également renforcer la mobilité interprovinciale et multiplier les missions commerciales à l’échelle de la francophonie canadienne.
« C’est un marché qui offre un potentiel considérable pour nos entreprises », souligne la directrice générale. Dans cette optique, les missions commerciales feront aussi l’objet d’un développement accru. Ces initiatives seront menées en collaboration avec la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario — notamment vers le Nouveau-Brunswick, afin de soutenir le développement du commerce interprovincial — une approche nouvelle pour l’organisation.
La transformation organisationnelle actuelle n’est qu’une première étape. Plus tard cette année, la SÉO prévoit de lancer un vaste processus consultatif et collectif qui impliquera l’ensemble de la francophonie ontarienne. L’objectif : imaginer le futur et planifier, de manière concertée, les actions ayant le plus fort impact sur la vitalité économique des communautés.
« C’est un travail qui doit être collectif et ancré dans les collectivités », insiste Catherine Bachand. Chaque année, la SÉO accompagne des centaines d’entrepreneurs et des milliers de chercheurs d’emploi à travers la province. Avec cette nouvelle structure, l’organisation ambitionne d’élargir encore sa portée géographique et de maximiser l’impact de ses programmes existants.
En se dotant d’assises organisationnelles plus solides, la SÉO se positionne ainsi pour relever les défis économiques actuels et futurs, au service d’une francophonie ontarienne dynamique et tournée vers l’avenir.
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Photo : Catherine Bachand (Crédit : SÉO)





