Et si les livres permettaient de mettre des mots sur des souffrances que l’on garde trop souvent pour soi ? Le jeudi 22 octobre, le Club de lecture inclusif (CLIN) a donné le coup d’envoi de sa troisième saison à Toronto avec une soirée consacrée à la santé mentale des femmes et à la maternité. Autour de Maman bleue, de Sarah Migneron, la rencontre a ouvert un espace de dialogue sur le post-partum, la vulnérabilité et la résilience.
Pour cette nouvelle saison, le Salon du livre de Toronto (SLT) et Toronto Accueil ont choisi de placer la santé mentale au cœur des échanges. À travers son livre, l’autrice aborde notamment la réalité du post-partum, une période encore difficile à évoquer ouvertement pour de nombreuses femmes. Derrière l’expérience de la maternité, souvent associée à la joie et à l’épanouissement, peuvent aussi se cacher des moments de fragilité, de solitude et de souffrance.
Pour Eunice Boué, présidente du SLT, le choix de cette thématique s’est imposé naturellement. « Le mois d’octobre est celui de la santé mentale et, par ailleurs, nous célébrons les femmes avec Octobre rose. Rattacher les deux ensembles, avec une autrice qui correspondait de la plus belle des manières à cette démarche, nous semblait important », explique-t-elle.
La rencontre a ainsi permis de mettre en lumière une réalité encore trop peu abordée dans les discussions autour de la maternité. « La situation post-partum est un sujet encore très tabou et sensible dans la société », souligne Eunice Boué. Elle salue notamment la capacité de Sarah Migneron à donner une voix à ces expériences : « C’est exceptionnel qu’elle ait réussi à y mettre des mots, à mettre une voix sur la souffrance des femmes. »
Au-delà de la présentation littéraire, l’ambition était aussi de créer un espace où tous les participants pourraient se retrouver, échanger et partager leurs expériences sans jugement. Un objectif qui semble avoir trouvé un écho auprès du public. « C’était important pour nous d’accueillir et d’échanger avec les femmes, et cela s’est vu à travers l’engouement », relève la présidente.
Avec cette troisième saison, le CLIN confirme sa volonté de faire de la lecture un point de rencontre entre les générations, les expériences et les sensibilités. Chaque mois, le SLT entend mettre en avant une maison d’édition et inviter une autrice ou un auteur à rencontrer les participants.
« Ce qui est exceptionnel, c’est que cela permet aux gens de découvrir les maisons d’édition franco-ontariennes qui font partie de notre communauté, ainsi que tous les auteurs qui travaillent fort », précise Eunice Boué.
Le prochain rendez-vous est fixé au 19 novembre. En collaboration avec le Centre d’accueil Héritage et le Collège Boréal, il accueillera Jean-Louis Grosmaire, lauréat du prix France-Acadie 2021, autour de son œuvre Acadissima, publiée aux Presses de l’Université d’Ottawa.
Au programme : discussions littéraires, échanges entre étudiants et aînés, lectures d’extraits et jeux littéraires. Ce prochain rendez-vous sera placé sous le thème de l’amour, une nouvelle occasion de réunir les générations autour des livres et du partage.
Avec cette troisième saison, le Club de lecture inclusif poursuit sa mission : faire découvrir des auteurs, aborder des sujets importants et créer des occasions d’échanger autour de la littérature. Une façon simple de rappeler que les livres peuvent aussi rapprocher les gens.
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Photo : Les participants échangent avec Sarah Migneron (assise, extrême droite) et partagent leurs impressions sur son livre Maman bleue. (Crédit : SLT)




