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Chrismène Dorme

La troisième édition du Sommet Vision 2026, placée sous le thème « De la vision à l’action : tisser l’avenir » a eu lieu à l’Université de l’Ontario français. Organisée par Vital Vision et le Mouvement pour l’inclusion des communautés racisées de l’Ontario (MICRO), la rencontre a rassemblé dirigeants, entrepreneurs, chercheurs et acteurs du changement autour des enjeux d’innovation, d’inclusion et de leadership éthique.

Tout au long de la journée, les participants ont réfléchi aux moyens de transformer les idées en actions concrètes dans un contexte marqué par l’essor rapide des technologies. Ateliers collaboratifs, panels de discussion et sessions de réseautage ont abordé les défis contemporains tout en favorisant les partenariats et l’émergence de projets porteurs pour la communauté afrodescendante.

Pour Edith Taki, cofondatrice de Vital Vision, cette édition marque une évolution importante du Sommet. L’ambition est d’intégrer la technologie comme un véritable levier de productivité et de leadership, avec l’ajout d’une dimension culturelle.

« Nous voulons outiller les particuliers et les entrepreneurs afin qu’ils soient à l’aise dans leur domaine et qu’ils repartent avec des actions concrètes », explique-t-elle.

Au cœur des discussions : la place des communautés racisées dans le développement des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle. Selon Mme Taki, l’enjeu est crucial : « Un modèle est en train de s’écrire. Si nous n’y participons pas, nous disparaissons », avance-t-elle. Afin de souligner que les personnes noires restent souvent absentes des données utilisées pour entraîner les systèmes d’intelligence artificielle (IA), une réalité qui pose la question de la représentation et de l’influence dans l’écosystème numérique.

Pour Mme Taki, un défi persiste toutefois : la réticence de certaines personnes afrodescendantes à partager leurs données ou à intégrer pleinement les nouvelles technologies dans leur quotidien. « Il faut prendre sa place et faire entendre sa voix », insiste-t-elle.

Plusieurs personnalités engagées dans la communauté ont participé aux discussions dont Viviane Sinan, Joe Tamko, Chauna Molossa et Jean Abdiel Momo, récemment arrivé du Cameroun. Ensemble, ils ont partagé leurs parcours et abordé des thèmes du réseautage, de la finance, de l’éducation inclusive et la résilience à l’ère de l’IA.

La présence marquée des intervenants issus de l’immigration a également donné lieu à des échanges sur les défis d’intégration professionnelle et sociale. Une présentation particulièrement marquante intitulée Utiliser sa voix pour trouver une voie, a suscité une forte réaction chez les jeunes.

Certains se demandaient s’ils avaient une histoire à raconter. Les panélistes ont répondu sans hésiter : chacun possède une histoire, et en prendre conscience peut transformer un parcours.

Le thème 2026 a incité les invités à réfléchir à leur rôle de leaders dans leurs communautés. Les discussions ont également proposé une rétrospective sur l’évolution de la communauté noire dans la ville.

Parmi les pistes explorées : l’utilisation de l’IA pour promouvoir les langues maternelles ou encore développer des solutions numériques capables de valoriser les cultures et les savoirs issus de la diversité.

Un volet intitulé La relève a fait ressortir l’engagement de la jeunesse. Un collectif de jeunes auteurs a présenté des ouvrages qui abordent les défis auxquels fait face leur génération. Discours, activités interactives et échanges avec les panélistes ont également offert un espace d’expression et de créativité aux plus jeunes.

Le Sommet s’inscrit aussi dans une démarche de renforcement de la vitalité francophone. Le public a pu, entre autres, visiter le Médialab de l’UOF, une expérience conçu pour sensibiliser aux usages et aux enjeux de l’IA.

La journée s’est conclue par la signature d’un manifeste par les participants, symbole d’un engagement collectif à participer activement à la construction d’un avenir technologique plus inclusif. Une manière de sceller, pour les organisateurs comme pour les invités, le passage de la vision à l’action.

Photo :  Panélistes, jeunesse, et organisateurs après la signature du manifeste (Crédit : Vital Vision et MICRO)