Vers la mi-février, une manifestation dédiée aux regards afrodescendants explore mémoire, création et perspectives plurielles. Projections, rencontres et distinctions y dessinent un panorama engagé, reliant héritages, enjeux contemporains et voix venues d’Afrique, d’Amérique et d’ailleurs, dans un esprit de dialogue et de transmission partagée et vivante.
Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain
Du 11 au 16 février, le Toronto Black Film Festival (TBFF) fêtera sa 14e édition avec une programmation audacieuse et une célébration particulière des 30 ans du Mois de l’histoire des Noirs. Fondé par Fabienne Colas, cet événement est devenu un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles et les artistes noirs de la diaspora. Il offre une tribune privilégiée pour célébrer la richesse et la diversité des cultures noires à travers le cinéma.
Chaque année, le Festival attire des milliers de spectateurs de tous âges, qui viennent découvrir des films en salle et en ligne. Il s’avère une plateforme essentielle pour les créateurs noirs — acteurs, réalisateurs, producteurs — en leur permettant de partager leur vision du monde. En 2026, la programmation se distingue par un désir marqué d’élargir les perspectives et de favoriser les échanges interculturels.
L’ouverture du festival s’annonce particulièrement forte avec Of Mud and Blood – Le sang et la boue, réalisé par Jean-Gabriel Leynaud. Ce drame se déroule en République démocratique du Congo et raconte la vie difficile des mineurs et terrassiers, une population souvent ignorée des médias.
« Ce film, engagé et d’actualité, fait écho aux luttes historiques des Noirs qui ont fréquemment été exploités », souligne Jean-François Méan, programmateur principal du TBFF.
L’édition 2026 se caractérise par une présence renforcée de longs métrages en provenance d’Afrique et de sa diaspora. « Nous voulons rendre visibles ces récits souvent négligés, élargir les horizons du public et offrir à chacun une chance de découvrir d’autres perspectives sur le monde », explique M. Méan. Le TBFF se veut ainsi un espace de dialogue interculturel, où chaque film devient un catalyseur pour des discussions profondes sur les réalités sociales et culturelles des communautés noires à travers le monde.
Le Festival met également à l’honneur des artistes d’exception, à commencer par les acteurs Shamier Anderson et Stephan James, qui seront récompensés pour leur contribution remarquable au cinéma canadien. Ils seront rejoints par Stanley Nelson, réalisateur emblématique et primé, qui recevra cette année le Prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière. Ce prix vient reconnaître l’impact de M. Nelson dans la narration des histoires noires et son influence internationale.
Le TBFF est aussi un festival où la diversité linguistique joue un rôle clé. Bien que majoritairement anglophone, il met en valeur des films francophones, comme Héritiers d’une foi de Joeneel Abraham Benjamin et Une poutine et une photo de Kalthoum Sitta qui seront projetés le vendredi 13 février. « C’est une occasion unique de découvrir des récits souvent absents des grandes scènes internationales, même à Toronto », ajoute Jean-François Méan.
Avec une soixantaine de films venus de 15 pays différents, cette édition promet d’être un espace de découverte et de réflexion.
Le TBFF 2026 s’annonce donc comme bien plus qu’un simple festival de cinéma : un moment de partage, de célébration et d’ouverture, une occasion de célébrer l’histoire, la culture et l’avenir des Noirs dans le monde.
Photo : Jean-François Méan (Crédit : M. Méan)





