Réunis à l’occasion du Congrès annuel des États généraux, les représentants de la communauté franco-ontarienne ont travaillé à définir les actions prioritaires pour les prochaines années. De l’immigration à la gouvernance, l’objectif est de transformer les constats du Livre blanc en engagements concrets, adaptés aux réalités des régions.
Un même territoire, mais des réalités bien différentes de part et d’autre de l’Ontario. Comment bâtir un avenir commun pour la francophonie ontarienne sans perdre de vue les besoins propres à chaque communauté? C’est autour de cette question que se sont réunis des participants et des représentants d’organismes francophones, dans le cadre du Congrès annuel des États généraux, tenu du 22 au 24 octobre.
Après plusieurs consultations menées dans les différentes régions de la province, l’heure était à la mise en commun des priorités. Les échanges s’inscrivaient dans la continuité du Livre blanc, publié à l’été 2026, qui brosse un portrait de la francophonie ontarienne et présente les grandes orientations envisagées pour son avenir.
L’après-midi du jeudi 22 octobre était consacré à quatre commissions de travail portant sur les dimensions retenues dans le Livre blanc : l’immigration et l’appartenance, les services en français, la capacité d’agir ensemble et la gouvernance.
Chaque commission réunissait une quarantaine de personnes autour d’un objectif commun. Les participants devaient classer dix pistes d’action par dimension selon trois horizons : le court terme, de 12 à 18 mois; le moyen terme, de 18 à 36 mois; et le long terme, à réévaluer après le premier cycle de mise en œuvre.
Durant les ateliers, certaines pistes d’action ont suscité des réactions particulièrement vives, notamment celles liées à l’immigration et à l’appartenance. « C’est important, car si les nouveaux arrivants n’ont pas de jobs ou pas de logement… » ou « Cela aurait dû se faire il y a dix ans », « C’est la priorité, sans que cela ne soit bloqué au niveau des politiques ».
Par la suite, les travaux des quatre commissions ont permis aux participants de dégager de premières pistes d’action qui alimenteront l’élaboration du Plan d’action communautaire.
En matière d’immigration et d’appartenance, ils proposent de mieux coordonner l’accueil des nouveaux arrivants, notamment par le mentorat et le jumelage avec les communautés francophones.
Pour les services en français, les échanges ont mis l’accent sur la mise en commun des répertoires existants, l’amélioration de l’aiguillage entre organismes et l’identification des lacunes dans l’offre de services.
Concernant la capacité d’agir ensemble, les participants souhaitent cartographier les ressources disponibles, repérer les besoins des organismes et préserver les fonctions essentielles dans les petites communautés et le Nord.
Enfin, sur le plan de la gouvernance, ils proposent de clarifier les responsabilités, les ressources et les mécanismes de coordination entre les acteurs provinciaux, régionaux et sectoriels.
Ces premières propositions devront être approfondies afin de préciser les priorités, les échéanciers et les conditions de leur mise en œuvre.
À la suite de ces travaux, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a présenté un nouvel outil de cartographie de l’engagement communautaire destiné à rendre visibles les contributions des organismes et à soutenir l’élaboration du Plan d’action communautaire.
« Nous voulons que les organismes puissent voir où leurs contributions rejoignent celles des autres et quelles collaborations pourraient se construire. Les projets de chacun peuvent devenir des déclinaisons d’une même action collective, adaptées aux réalités des régions et des secteurs. C’est cette cohérence d’ensemble que nous cherchons à renforcer », souligne Peter Hominuk, directeur général de l’organisme, dans un communiqué.
Cette démarche doit préparer l’Acte 3 des États généraux, qui marquera le passage de la réflexion à la mise en œuvre.
L’enjeu est désormais de traduire les priorités dégagées en actions réalisables, tout en maintenant un équilibre entre les objectifs communs et les besoins particuliers des différentes régions. Car si les réalités diffèrent d’un bout à l’autre de l’Ontario, la concertation pourrait donner à la francophonie provinciale les moyens d’agir de façon plus cohérente et durable.
Photo : Les travaux des quatre commissions ont permis aux participants de dégager de premières pistes d’action pour l’élaboration du Plan d’action communautaire. (Photo : Olaïsha Francis)




