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Mieux comprendre pour mieux vivre ensemble

Les préjugés ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Pour Diane Montreuil, il faut créer des occasions de rencontre, poser des questions, écouter les expériences vécues et reconnaître ce qui distingue les parcours. C’est en multipliant ces échanges que les communautés pourront avancer côte à côte vers des relations fondées sur le respect. Christiane Beaupré – IJL – […]

Les préjugés ne disparaissent pas d’eux-mêmes. Pour Diane Montreuil, il faut créer des occasions de rencontre, poser des questions, écouter les expériences vécues et reconnaître ce qui distingue les parcours. C’est en multipliant ces échanges que les communautés pourront avancer côte à côte vers des relations fondées sur le respect.

Christiane Beaupré – IJL – Le Métropolitain

À l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Le Cercle de l’amitié de Mississauga a invité ses membres à prendre un temps de réflexion et d’écoute. Une vingtaine de personnes, principalement des aînés, ont assisté le 30 septembre à une conférence de Diane Montreuil, éducatrice, artiste visuelle et gardienne du savoir algonquin du clan du Faucon.

À travers ses œuvres, qui mettent en valeur la beauté de la culture autochtone, l’artiste utilise l’art comme un outil de dialogue. Sa conférence a plutôt porté sur les réalités vécues par les communautés autochtones, le rôle des aînés et les conditions nécessaires, selon elle, à une véritable réconciliation.

Pour Diane Montreuil, cette démarche doit d’abord reposer sur une attitude positive, l’écoute et la volonté de mieux comprendre. Elle reconnaît que les traumatismes vécus au fil des générations rendent parfois le chemin difficile, mais rappelle que l’objectif demeure de « réussir à vivre ensemble harmonieusement ».

La conférencière a notamment abordé les conditions de vie qui persistent dans certaines communautés autochtones. Elle a parlé de maisons qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable, de difficultés liées à l’hygiène de base et aux installations sanitaires, ainsi que de personnes âgées qui doivent aller chercher de l’eau pour répondre à leurs besoins quotidiens.

Elle a également évoqué les difficultés financières qui touchent certaines familles et leurs conséquences sur les enfants. Selon elle, lorsque des familles ne disposent pas des ressources nécessaires, l’intervention des services sociaux peut mener au placement d’enfants dans des familles non autochtones, ce qu’elle considère comme une forme de prolongement de l’assimilation culturelle.

Pour Mme Montreuil, l’aide extérieure ne suffit donc pas. Des solutions durables doivent être développées afin de favoriser l’autonomie économique des communautés.

Elle a illustré cette idée par une métaphore : on peut amener un cheval jusqu’à l’eau parce qu’il doit boire, mais on ne peut pas l’obliger à boire. Pour elle, le même principe s’applique à l’accompagnement des jeunes, des femmes et des hommes autochtones : le soutien peut être offert, mais la volonté d’entreprendre un changement doit aussi venir de la personne.

Le rôle des aînés

Une partie importante de la rencontre a porté sur les aînés. Diane Montreuil a expliqué que, dans les communautés autochtones, on ne devient pas nécessairement aîné simplement parce qu’on atteint un certain âge. Il s’agit plutôt d’un rôle auquel on est préparé et qui comporte des responsabilités.

Elle-même dit avoir consacré plus de 35 ans au travail communautaire auprès des aînés. Ceux-ci sont, à ses yeux, des gardiens de la connaissance et jouent un rôle essentiel dans la transmission des enseignements traditionnels.

Elle encourage d’ailleurs les jeunes générations à s’asseoir avec eux pour connaître directement leur histoire et leurs traditions. La transmission orale occupe une place importante dans cette démarche, tout comme la possibilité de poser des questions et d’établir un dialogue direct avec les communautés autochtones.

Pour cette Torontoise d’adoption, les enseignements traditionnels ont également joué un rôle déterminant dans son propre parcours. Elle affirme que ce retour aux traditions a contribué à sa guérison et l’a façonnée comme femme.

Ouvrir les portes

La réconciliation, selon elle, ne doit toutefois pas demeurer un concept. Elle doit se traduire dans les gestes du quotidien : participer à des événements, offrir son temps, écouter les traditions et chercher des occasions de collaborer.

« Ce qui fait ma fierté, c’est d’être capable de s’asseoir avec des personnes non autochtones et d’avoir une communication, un échange », a-t-elle confié en entrevue avec le journal Le Métropolitain. Elle se dit touchée de constater que des personnes souhaitent connaître la véritable histoire et cherchent à mieux comprendre.

Mme Montreuil estime que la collaboration entre les communautés et les gouvernements est également nécessaire, notamment pour favoriser l’accès au logement et aux possibilités économiques. Pour elle, les Autochtones ne doivent pas être perçus comme différents ou moins humains.

La rencontre s’est poursuivie par un goûter à saveur autochtone, puis par la projection du court-métrage Indigenous Territories: Time for Reappropriation/Greenweek, présenté avec des sous-titres français. Le documentaire donne la parole à des Premières Nations du Québec qui demandent la fin de l’exploitation forestière réalisée sans leur consentement ou leur participation.

Cette dernière activité a prolongé la réflexion amorcée par Diane Montreuil sur la compréhension des réalités autochtones et les liens à créer entre les communautés. Pour elle, le dialogue doit se poursuivre au-delà de cette journée, par l’écoute, les échanges et une volonté sincère de mieux se comprendre.

-30-

BP :

Photo : Après cette rencontre axée sur la Journée de la vérité et de la réconciliation, les participants se retrouvent dans le jardin du Cercle de l’amitié pour une photo de groupe. (Photo : C. Beaupré)

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