Portée par le Collège Boréal, une série d’activités provinciales a mobilisé étudiants, entrepreneurs et partenaires autour du développement économique en français. Conférences virtuelles, rencontres publiques et concours ont mis en lumière l’intérêt croissant pour la création d’entreprises et l’accompagnement en milieu franco-ontarien.

Olaïsha Francis – IJL – Le Métropolitain

L’entrepreneuriat francophone a occupé le devant de la scène partout en province à l’occasion de la Semaine des affaires et de l’entrepreneuriat francophone. L’initiative organisée par Boréal en collaboration avec l’École des affaires de Sudbury, l’Espace d’innovation, de recherche et d’incubation (EIRI) de Toronto et Recherche et innovation Boréal (RIB), visait à répondre à un besoin grandissant de soutien structuré en matière d’affaires.

« Cet événement a été créé pour la population francophone de tout l’Ontario », a expliqué le co-organisateur Jean-Sébastien Villanueva, professeur au programme de baccalauréat en Administration des affaires du Collège Boréal.

Au programme, six webinaires thématiques, des panels en présentiel à Sudbury et à Toronto, un concours de pitch (présentation orale d’un projet) en partenariat avec l’École des Hautes études commerciales (HEC) Montréal, ainsi qu’une foire de l’emploi. Les partenaires comprenaient notamment Option Emploi, Impact Ontario, le Centre régional des affaires de Sudbury et la Fédération des gens d’affaires de l’Ontario.

Les webinaires ont abordé des thèmes variés : préparation au marché du travail, découverte d’opportunités d’affaires, entrepreneuriat étudiant et art de bâtir une présentation convaincante. Un volet consacré à l’intelligence artificielle a également permis de discuter des tendances émergentes et de l’impact de ces technologies sur les entreprises.

La participation a largement dépassé les attentes. « En moyenne chaque webinaire a eu à peu près 93 personnes. Ce qui signifie que parfois il y avait jusqu’à 170 personnes de connectées », a précisé M. Villanueva. À titre comparatif, les événements professionnels similaires attirent généralement entre 20 et 30 participants.

En présentiel, le panel « Osez entreprendre » à Sudbury a réuni environ 70 personnes, tandis que celui de Toronto et le concours de pitch ont attiré une quarantaine de participants. La foire de l’emploi à Sudbury a connu une fréquentation particulièrement importante, avec plus de 1000 visiteurs venus rencontrer 37 employeurs. Des participants se sont déplacés de Timmins, Kapuskasing et d’autres régions du nord de l’Ontario pour y assister. À Toronto, entre 300 et 400 personnes étaient présentes.

Au-delà des chiffres, les organisateurs parlent d’un engouement réel. « Les gens sont très intéressés », a-t-il affirmé, mentionnant des retours positifs de la part d’entrepreneurs, d’étudiants et d’employeurs.

Pour les étudiants du Collège Boréal, les retombées ont été multiples. Certains ont participé à l’organisation des activités et ont développé des compétences concrètes en gestion d’événements. D’autres ont assisté aux webinaires et discussions afin d’acquérir des outils pratiques pour se lancer en affaires ou planifier leur carrière. L’environnement bilingue français-anglais a également été mis de l’avant comme un atout stratégique pour les futurs entrepreneurs.

Le volet consacré à l’intelligence artificielle (IA) a suscité un intérêt particulier. Les intervenants ont insisté sur l’importance de considérer l’IA comme un outil d’appui plutôt qu’un substitut à l’humain. Comparée à l’arrivée de la calculatrice ou de l’Internet, l’IA générative a été présentée comme une technologie puissante qui doit être utilisée avec discernement.

Cette première édition a confirmé, selon les organisateurs, que la population francophone — qu’elle soit unilingue ou bilingue — souhaite monter entreprise et demande un accompagnement dans sa langue. Le Collège Boréal entend poursuivre sur cette lancée. Une nouvelle édition est déjà annoncée pour octobre, avec l’ambition d’élargir encore davantage la portée géographique et le nombre de participants.

Dans un contexte où l’entrepreneuriat est perçu comme moteur de croissance et de création d’emplois, les responsables estiment qu’il est essentiel d’encourager ceux qui osent se lancer. Pour eux, soutenir l’économie franco-ontarienne constitue à la fois une responsabilité institutionnelle et un investissement dans l’avenir collectif.

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Photo : Les étudiants participent au réseautage. (Crédit : Collège Boréal)