Jolene Zolen
Jusqu’au 7 mars, l’Alliance française de Toronto accueille dans ses galeries l’exposition Portraits musicaux, mettant en vedette le travail de l’artiste Sam Perrin, alias Samsam. Cette présentation s’inscrit dans le cadre du programme Jeunes Talents du Grand Toronto, une initiative dédiée à la promotion des artistes francophones émergents de la région.
À l’occasion de cette cinquième édition, une question a été adressée à Aby Vignon, représentante de l’Alliance française, afin de revenir sur les résultats du programme. « Nous avons reçu 15 candidatures cette année. Notre objectif est de continuer à soutenir les artistes francophones émergents de la région du Grand Toronto et de mettre en valeur la diversité et le dynamisme de la scène artistique locale », explique-t-elle. Depuis sa création en 2022, le programme a permis de révéler des pratiques variées, allant de la peinture figurative à la photographie documentaire, en passant par le dessin. Plusieurs artistes issus des éditions précédentes poursuivent aujourd’hui leur parcours sur les scènes locale et nationale.
Pour cette édition, c’est Samsam qui a été sélectionné. Originaire de Saint-Domingue, en République dominicaine, il grandit en France avant de s’établir au Canada, où il développe sa pratique artistique. Son exposition propose une série de peintures vibrantes, inspirées de la musique et de la culture latino-américaine, où les instruments deviennent de véritables personnages.
En entrevue, l’artiste revient sur son parcours et sa démarche. Il explique que son intérêt pour l’art remonte à l’enfance : « Depuis l’âge de 10 ans, j’ai eu un intérêt pour le dessin, notamment les mangas. » Ce n’est toutefois qu’à partir de ses études en design numérique, entamées vers 18 ans en France, qu’il commence à structurer sa pratique. Au fil des années, il explore différents styles avant de trouver sa propre identité artistique, à la frontière entre design et art visuel.
L’idée de Portraits musicaux est née presque spontanément. Fasciné par la composition visuelle et la personnification, Samsam s’est d’abord intéressé à la forme géométrique d’une trompette.
« J’ai réalisé que beaucoup d’instruments avaient un aspect modulaire et géométrique, que je pouvais associer à mon intérêt pour la personnification », explique-t-il. À cela s’ajoute une dimension culturelle : chaque instrument évoque un univers musical distinct — jazz, classique ou encore musique latino-américaine — qui vient enrichir son identité visuelle.
Formé au graphisme, à l’illustration et au « motion design » à Bordeaux et à Paris, l’artiste ne se limite pas à un médium. S’il utilise aujourd’hui la peinture acrylique pour sa texture et son aspect apaisant, il envisage d’élargir sa pratique vers le numérique, l’animation ou encore la peinture murale.
Sélectionné comme lauréat cette année, Samsam vit sa première exposition avec un mélange d’émotion et d’enthousiasme. « Je me sens un peu nerveux, mais aussi très heureux. Voir mon travail apprécié me donne envie de continuer », confie-t-il. Il souligne également l’importance de cette opportunité, qui lui permet non seulement de présenter son travail au public, mais aussi de rassembler ses proches et de rencontrer d’autres artistes.
Sans attentes précises, il aborde cette expérience comme une étape déterminante dans son parcours. Une chose est certaine : avec Portraits musicaux, Samsam ouvre la voie à un univers artistique riche, coloré et en pleine évolution.
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Photo : L’artiste Samsam devant une de ses œuvres (Crédit : Jolene Zolen)





