Christiane Beaupré
Le mercredi 25 février, des dizaines de participants se sont réunis en ligne pour un atelier consacré à l’intelligence artificielle et à la littératie numérique, organisé par la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO). Intitulée Atelier et mentorat en littératie numérique, cette séance s’inscrit dans une série d’initiatives visant à outiller les aînés face aux nouvelles technologies.
Animée par Fred May, ingénieur informatique à la retraite et instructeur bénévole auprès de Canadiens Branchés, et appuyé par Jacqueline Noiseux, coordonnatrice régionale de la FARFO pour Ottawa et l’Est ontarien, la rencontre reposait également sur une collaboration avec le Réseau de prévention de la maltraitance des aînés francophones de l’Ontario.
Au cœur de l’atelier : une introduction à ChatGPT, présenté comme un outil d’intelligence artificielle générative capable de converser avec l’utilisateur pour fournir informations, conseils ou contenus. Fred May l’a comparé à « un petit Jos connaissant » qui a réponse à tout, tout en rappelant qu’il ne remplace pas les moteurs de recherche traditionnels comme Google, mais les complète.
Les participants ont appris les bases de Chat GPT : version gratuite avec limites d’utilisation, options payantes offrant plus de fonctionnalités, et possibilité d’utiliser l’outil sans créer de compte — bien que l’inscription permette de conserver un historique et d’accéder à ses conversations sur plusieurs appareils.
Des usages concrets
L’atelier a souligné une grande variété d’utilisations pratiques, particulièrement pertinentes pour les aînés : rédaction et révision de textes (lettres, courriels); traduction et simplification d’informations complexes; génération de recettes à partir d’ingrédients disponibles; création de jeux personnalisés, et prise de notes automatisée lors de réunions.
Les participants ont aussi appris à affiner leurs demandes (les « prompts ») pour obtenir des réponses plus précises, et à utiliser ChatGPT comme un outil conversationnel capable de suivre le fil d’un échange.
Un volet important de la formation portait sur la cybersécurité et la protection de la vie privée. M. May et Caitlin Shyng – collaboratrice de Fred May qui gérait le « clavardoir » et représentante de Canadiens Branchés – ont insisté : il faut réfléchir avant de partager des informations personnelles.
Les données saisies dans ChatGPT sont conservées pendant environ 30 jours. En cas de faille, elles pourraient être exposées. Ainsi, il est fortement déconseillé d’entrer des informations bancaires, des mots de passe ou identifiants, des données médicales ou sensibles.
« Si on partage de l’information, on ne sait pas comment l’autre va l’utiliser », a rappelé Fred May.
Les participants ont également été invités à maintenir leurs appareils à jour et à utiliser plusieurs outils pour vérifier l’exactitude des réponses, notamment pour la traduction ou les informations récentes.
Une initiative en croissance
L’intérêt pour ces ateliers d’information ne cesse de croître, témoignant d’un réel besoin d’accompagnement numérique chez les aînés. Les organisateurs encouragent d’ailleurs les participants à proposer de nouveaux thèmes. Parmi les prochains rendez-vous annoncés : un atelier le 11 mars sur la cybersécurité et le « piratage psychologique ».
Au-delà de la technologie, ces rencontres contribuent à renforcer l’autonomie numérique et à réduire l’isolement, en offrant aux aînés des outils concrets pour mieux naviguer dans un monde de plus en plus connecté.
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Photo (Pexels.com)






