À Toronto, la boxe ne se résume pas aux combats et à la performance physique. Pour Mickael Alban, propriétaire du Club de boxe Gloves Up, et Andréa Osterman, coach sportive, elle constitue avant tout un moyen de favoriser le bien-être, la confiance en soi et les liens sociaux. Ces deux francophones contribuent à leur manière à offrir à la communauté torontoise un espace inclusif où le sport devient aussi un outil de rencontre et d’intégration.
À 26 ans, Mickael Alban souhaitait découvrir de nouveaux horizons et améliorer son anglais. Après un passage en Australie, il arrive au Canada en 2013 et s’y installe. Il y poursuit son parcours sportif et professionnel. Titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art et d’une autre en communication, il a toujours accordé une place importante au sport. Après avoir pratiqué le judo et la natation pendant une dizaine d’années, ainsi que la danse, il s’est particulièrement investi dans le handball, qu’il a pratiqué à haut niveau en France dans un parcours sport-études. C’est également dans cette discipline qu’il commence à entraîner.
Après avoir arrêté le handball à cause de ses voyages, il découvre la boxe dans une période difficile de sa vie. Il y trouve un moyen de canaliser ses émotions et de retrouver un équilibre. Une blessure l’amène ensuite à devenir entraîneur et, progressivement, cette activité devient son métier à temps plein. Il crée le Club de boxe Gloves Up en 2019 et achète ses locaux il y a deux ans.
Son expérience l’a toutefois amené à remettre en question certaines conceptions traditionnelles de ce sport de combat. « Le monde de la boxe peut être assez fermé. On pense qu’il faut faire de la compétition, se battre ou être costaud. Moi, je vois plutôt la boxe comme une façon de se sentir bien et de se défouler », explique-t-il. Sa volonté est donc de créer un club mixte et intergénérationnel où chacun peut pratiquer à son niveau sans avoir à correspondre à une image particulière du boxeur.
Pour M. Alban, la dimension humaine est indissociable de son rôle d’entraîneur. « Ce n’est pas juste un sport. Pour certaines personnes, c’est une thérapie. Être coach, c’est aussi être témoin de leur vie. Ils s’ouvrent à nous et le fait de taper dans un sac peut permettre de libérer beaucoup d’émotions. » Au fil du temps, certains membres du club sont ainsi devenus des amis, voire une véritable famille.
Andréa Osterman partage cette vision. Torontoise, elle a fréquenté une école d’immersion avant d’obtenir un diplôme en traduction et une maîtrise en études anglaises au Collège universitaire Glendon.
Sa découverte de la boxe s’est faite presque par hasard. Après avoir pratiqué le soccer pendant 10 ans, une blessure au genou l’a contrainte à abandonner ce sport. Lors d’une kermesse à l’école de son fils, elle essaie un cours de boxe. L’expérience devient une passion qui dure depuis 12 ans. Depuis deux ans, elle possède également une licence d’entraîneuse.
Pour Mme Osterman, cette discipline sportive est avant tout une activité de mise en forme et de développement personnel. « J’ai commencé à 35 ans et je me suis rendu compte qu’on peut toujours apprendre quelque chose. La boxe aide à améliorer la coordination, la condition physique et la confiance en soi, tout en permettant de se défouler. » Elle souhaite aujourd’hui transmettre ces bénéfices, particulièrement aux femmes qui peuvent se sentir intimidées par l’image de ce sport.
Elle vient ainsi de lancer un cours exclusivement destiné aux femmes. L’objectif est de leur offrir un environnement dans lequel elles peuvent apprendre à leur rythme et se sentir plus à l’aise qu’au sein d’un groupe mixte. « Il existe encore beaucoup d’idées préconçues sur la boxe et les femmes. On pense que c’est un sport violent, alors qu’il s’agit d’abord d’apprendre des techniques », souligne-t-elle.
Au-delà de l’exercice physique, Andréa Osterman insiste sur les effets psychologiques et sociaux de la discipline. « Cet art pugilistique fait du bien mentalement et physiquement. Il peut renforcer la confiance, l’estime de soi et permettre de rencontrer des gens et de bénéficier d’un véritable soutien. »
À travers leur engagement, Mickael Alban et Andréa Osterman contribuent à renforcer le tissu social de la communauté francophone de Toronto. Pour eux, « ce n’est pas une question de muscles ou de physique. Il faut apprendre à bouger, à utiliser son corps et à se libérer ». Une philosophie qui transforme le Club Gloves Up en un espace où l’on peut prendre soin de soi, créer des liens et trouver sa place.
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Photo : Andréa Osterman (à droite) lors d’un entraînement (Photo : André Osterman)




