L’équipe de Cinéfranco, avec à sa tête la directrice générale Marcelle Lean, accueillait le public au cinéma Carlton le 3 octobre pour le lancement de sa programmation automnale grand public qui aura lieu du 6 au 15 novembre.
Un goûter était offert à l’arrivée des participants pour donner l’occasion aux cinéphiles de rencontrer les programmeurs, partenaires et artistes, de découvrir les œuvres cinématographiques choisies avant de visionner deux films, soit le court métrage La Maladie de courir de Xavier Diskeuve, suivi de la comédie C’était mieux demain de Vinciane Millereau.
Dans la salle de réception, deux tables étaient consacrées à des organisations franco-canadiennes, soit le Regroupement des artistes cinéastes de la francophonie canadienne hors Québec (RACCORD) et le Centre des arts médiatiques de Toronto (Le Labo) qui fête son 20e anniversaire cette année.
« Nous aurons donc une séance le dimanche 8 novembre, précédée d’un brunch et suivie du film À travers le temps, qui représente un peu le cheminement du Labo. Après le visionnement, il y aura 30 minutes d’échanges avec le public, explique Marcelle Lean. Sophie Dumesny, une artiste multidisciplinaire sera présente pour rencontrer le public pour Le Labo. »
Les membres du comité de sélection des films cette année sont Cécile Robertson (professeure à l’Université York), Hadley Foucher (artiste multidisciplinaire spécialisé dans la production audiovisuelle), Marcelle Lean et Wayne Gasner (responsable de production).
Le programme est inspiré par deux œuvres. La première est le documentaire de Raoul Peck, 2 + 2 = 5, consacré à l’auteur de 1984, George Orwell et à ses théories, ainsi que La Ferme animale, une satire politique du même auteur. « On se demande s’il a prédit ce qui se passe en ce moment, c’est-à-dire « Big brother is watching you », « la liberté c’est l’esclavage », « l’ignorance c’est la force », donc avec la surveillance, la manipulation, les fausses nouvelles, ajoute Mme Lean.
« En 1949, quand il a écrit 1984, il avait déjà prévu la société dans laquelle on vit maintenant. C’est notre interrogation, la fiction deviendrait-elle réalité? La plupart des films procureront cette réflexion. Un exemple de cela est la comédie Classe moyenne, dans laquelle on croit que ce sont les riches qui exploitent les pauvres, et la lutte des classes est un des thèmes de George Orwell.
« Un autre exemple est le film Une affaire turque à propos d’un avocat issu de l’immigration turque en France, et qui commence à monter les échelons. Il va devoir défendre un compatriote qui s’est fait attaquer par un politicien parce que ce dernier déteste les Arabes. L’idée était que ce jeune homme qui s’est fait attaquer demande à cet avocat de le défendre alors qu’il se cogne à l’impunité du politicien. Alors vous avez le pouvoir et l’impunité, et la vigilance dans le film Vigilante. Ce sont maintenant les médias et les personnes ordinaires qui vont faire la loi. »
Elle indique qu’il y a un rayonnement francophone au travers des films choisis avec des longs métrages de France, de Belgique, du Maroc, et une forte programmation québécoise. D’ailleurs, une des projections attendues du public torontois est Pauline Julien : femme pays, avec l’actrice Suzanne Clément, bien connue pour son rôle dans la télésérie Stat.
« Ce film présente des moments de sa vie. Cette femme va perdre sa voix comme le référendum a perdu la voie du séparatisme. C’est un très beau parallèle. J’ai eu un coup de cœur dès que je l’ai vu », conclut la fondatrice de Cinéfranco.
Pauline Julien : femme pays cloturera le festival le samedi 14 novembre à 19 h 30. Pour prendre connaissance de toute la programmation, rendez-vous sur cinefranco.com.
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Photo : De gauche à droite : Bruno Boez, Wayne Gasner, Cécile Robertson, Marcelle Lean et Sophie Dumesny lors du lancement de la programmation d’automne de Cinéfranco (Photo : Richard Caumartin)




