Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, l’organisme Centres d’accueil Héritage a organisé une projection du documentaire Femmes, tambours et résilience de Joseph Bitamba. Le film explore les récits croisés de femmes autochtones et rwandaises, unies par leur guérison à travers le tambour.
Chrismène Dorme – IJL – Le Métropolitain
Le mercredi 4 février, c’était l’occasion pour les aînés de Centres d’accueil Héritage (CAH) de se retrouver en compagnie du réalisateur pour échanger sur son œuvre qui offre un aperçu unique de son parcours artistique.
Le documentaire explore comment, au Canada comme au Rwanda, les femmes utilisent le tambour pour surmonter les traumatismes du passé et reconstruire leur identité. Le tambour, symbole de guérison, de mémoire et de transmission intergénérationnelle, joue un rôle central dans la préservation des traditions et la résilience collective.
Cette activité a permis d’instaurer un véritable dialogue entre les participants et le réalisateur. « C’était une discussion particulièrement pertinente, ce qui a donné à un engagement authentique de part et d’autre », souligne Tristan Mille, coordonnateur de programmation aux CAH.
« Aujourd’hui, de nombreuses femmes jouent du tambour, que ce soit dans les cultures autochtones ou africaines, ce qui représente un moyen puissant de revendiquer leur place », poursuit-il. Lors de la projection, il y avait plus d’hommes que de femmes dans la salle, une configuration qui montre l’universalité des thèmes abordés.
Joseph Bitamba a découvert les similitudes entre les tambours autochtones et burundais après son premier projet cinématographique. « Les femmes que j’ai rencontrées dans les deux cultures ont toutes parlé du tambour comme d’un instrument de transcendance, permettant de surmonter des épreuves personnelles et communautaires », a-t-il expliqué. Il a insisté sur le fait que même si le tambour est un symbole de guérison, il reste encore des sociétés où les femmes ne peuvent pas en jouer.
Le film s’inscrit parfaitement dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, mettant en valeur l’émancipation des femmes noires et leur courage à briser les tabous traditionnels. Selon M. Bitamba, ce documentaire célèbre le rôle central des femmes dans l’évolution des mentalités et dans la préservation de leurs cultures.
La projection a réuni une vingtaine de personnes, avec des retours globalement positifs. Certaines ont exprimé leur enthousiasme en demandant quand aurait lieu la prochaine projection des films de Joseph Bitamba. À travers cette séance, l’organisme vise non seulement à sensibiliser la communauté à la culture noire et autochtone, mais aussi à renforcer la transmission des savoirs entre générations. Le rôle des aînés, qui ont grandi à une époque où les femmes étaient exclues de certains rites, est crucial dans cette dynamique. « Nos aînés ont un rôle clé à jouer dans cette transmission, tout en respectant la culture d’origine et la culture d’accueil, et en faisant le pont entre les deux », affirme le réalisateur.
À travers des films comme celui de Joseph Bitamba, le mois de février devient une tribune essentielle pour valoriser les parcours des femmes noires et autochtones, leur résilience et leur rôle clé dans la préservation de la mémoire collective. Le tambour, dans sa dimension symbolique, porte une résonance universelle, celle d’une quête de guérison et de justice qui traverse les frontières géographiques et culturelles.
Photo : Les aînés lors de la projection du film Femmes, tambours et résilience (Crédit : CAH)





