Dimanche, 4 octobre 2026

  • Le journal le Métropolitain

    Le Métropolitain est un journal francophone d’information locale et régionale en format papier et numérique pour la grande région de Toronto et sa banlieue.

    Le Métropolitain fait partie du réseau de presse et de portails d’information en ligne du groupe Altomédia.

  • Phone: 416-410-2562

  • Email: marketing@lemetropolitain.com

  •  

    Nos autres journaux:

  •  

  •  

  •  

  •  

- Actualités - Culture

Pauline Douady donne des couleurs aux sons

Pour Pauline Douady, écouter une musique ne se limite pas à entendre des notes. Un son peut faire naître chez elle un trait, une couleur ou un mouvement. Synesthète depuis sa naissance, la peintre française transforme cette perception particulière du monde en œuvres visuelles. C’est cet univers qu’elle invite le public à découvrir avec Seeing […]

Pour Pauline Douady, écouter une musique ne se limite pas à entendre des notes. Un son peut faire naître chez elle un trait, une couleur ou un mouvement. Synesthète depuis sa naissance, la peintre française transforme cette perception particulière du monde en œuvres visuelles.

C’est cet univers qu’elle invite le public à découvrir avec Seeing Sounds, présentée du 19 septembre au 17 octobre dans les galeries de l’Alliance française de Toronto. L’exposition réunit peintures, dessins et gravures accompagnés de compositions sonores qui ont nourri leur création.

« Je suis synesthète : un son déclenche chez moi un trait, une couleur, un geste. Je suis née ainsi, c’est ma nature », explique l’artiste. Une symphonie de Dvořák, un Requiem, une chanson cubaine ou encore une émission de radio peuvent ainsi se traduire pour elle en couleurs et en gestes.

L’exposition cherche justement à faire entrer les visiteurs dans cette perception différente. Des codes QR placés près des œuvres donnent accès aux sons qui ont accompagné Pauline Douady pendant leur création. Le public peut ainsi écouter ce que l’artiste entendait au moment où elle peignait, dessinait ou gravait.

Un parcours en mouvement

Son parcours artistique est lui-même marqué par les changements de lieux. Après avoir mené jusqu’à l’âge de 30 ans une vie qu’elle décrit comme « très safe et classique » à Paris, elle décide en 2010 de partir pour Buenos Aires afin de laisser davantage s’exprimer sa nature artistique.

Formée dans la capital de l’Argentine et aux Beaux-Arts d’Angers, elle devient notamment cofondatrice du festival d’estampe de Toulon. Elle s’installe ensuite dans le sud de la France en 2018, avant de prendre une nouvelle direction pour Toronto.

Comme pour l’Argentine, son arrivée au Canada découle d’une occasion familiale qu’elle choisit de saisir. « Je crois que ma vie fonctionne ainsi : Buenos Aires en 2010, le sud de la France en 2018, Toronto aujourd’hui. Chaque fois, partir m’a permis de me découvrir un peu plus », raconte-t-elle.

Toronto lui offre également une matière artistique particulièrement riche. Dans cette ville où se côtoient les langues, les cultures et les univers musicaux, elle dit avoir trouvé un terrain extraordinaire pour sa sensibilité.

« Toronto est une ville-carrefour : on y entend toutes les langues du monde dans une même rue, dans un même tramway. Pour une synesthète, c’est un terrain extraordinaire. »

Les saisons ont également transformé son approche. Arrivée d’un environnement marqué par la lumière méditerranéenne, elle découvre dans la Ville reine les variations de lumière, de couleurs et d’atmosphères propres à chaque saison. Cette expérience a donné naissance à Four Seasons in Toronto, une série dont certaines œuvres sont présentées dans l’exposition.

« Toronto a changé ma palette. C’est la première exposition où je montre ce que cette ville m’a fait entendre », souligne-t-elle.

Une rencontre avec le public

Même si l’exposition se poursuit jusqu’au 17 octobre, le vernissage a déjà laissé une forte impression à l’artiste. Elle décrit cette soirée comme « magique » et souligne le travail accompli par l’équipe de l’Alliance française. Elle a surtout été touchée par la réaction du public devant les œuvres. « Il y avait une bienveillance rare, et j’ai été très émue par la sensibilité du public canadien », confie-t-elle.

Selon elle, les visiteurs semblaient prendre le temps d’observer les œuvres et d’expérimenter le lien entre les sons et les images. Une réaction qui rejoint précisément l’intention derrière Seeing Sounds : donner aux autres, l’espace d’une visite, accès à une façon différente de percevoir le monde.

Installée dans la capitale ontarienne, Pauline Douady souhaite maintenant poursuivre cette exploration. Elle dit avoir découvert une communauté artistique d’une grande richesse et souhaite y prendre part, tout en continuant à s’inspirer de la ville.

« Je veux aussi continuer à écouter cette ville. Toronto est pleine de musiques et de voix que je n’ai pas encore entendues, et chacune peut devenir un tableau. »

Pour la suite, elle préfère toutefois laisser une place à l’imprévu. « Mon projet, c’est de rester curieuse, et de laisser la surprise faire son œuvre », conclut-elle.

Photo :  Vernissage de l’exposition à l’Alliance française de Toronto (Crédit : Jolene Zolen)

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le journal le Métropolitain

Le Métropolitain est un journal francophone d’information locale et régionale en format papier et numérique pour la grande région de Toronto et sa banlieue.

Le Métropolitain fait partie du réseau de presse et de portails d’information en ligne du groupe Altomédia.

Abonnez-vous à notre liste d’envoi

Telephone: 416-410-2562