À la découverte des richesses de la Syrie au musée Aga Khan

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C’est en réponse aux évènements actuels syriens et à la couverture médiatique qui en résulte que le musée Aga Khan a décidé de mettre sur pied l’exposition Syria: A Living History (Syrie : une histoire vivante) en partenariat avec huit musées internationaux dont le Louvre (Paris) et le Metropolitan (New York).

« À la lumière de ce qui se passe en ce moment en Syrie, la destruction de monuments, la guerre civile… On voulait faire une pause et proposer un reflet de ce qu’est la Syrie. Qui sont les Syriens? Quel est leur bagage culturel? », explique Éric Pellerin, chef du département créatif du musée Aga Khan et responsable des expositions.

L’exposition revient sur 5000 ans d’art et souligne les diverses cultures présentes en Syrie. Peu le savent, mais la Syrie est née d’un mélange de civilisations et du croisement de dynasties très anciennes. Là-bas s’entrelacent les cultures mésopotamienne, grecque, romaine, byzantine, persane, ottomane et arabe, note Éric Pellerin.

« La Syrie est un mélange culturel. On parle de la Mésopotamie, on parle des Byzantins, on parle d’Alexandre le Grand. Tout cela a créé la Syrie d’aujourd’hui. »

Une tradition culturelle et un patrimoine mis en avant dans la partie historique de l’exposition qui présente de véritable trésors comme une Idole aux yeux du site archéologique Tell Brak datant de 3200 av. J.-C. ou encore l’artéfact du site de Tell Halaf représentant un fidèle datant du X-IXes siècle av. J.-C. et portant encore les traces des bombardements de la Seconde Guerre mondiale à Berlin.

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La reproduction du Freedom Graffiti de Tammam Azzam

Des œuvres qui démontrent de la résilience de Syriens, raconte M. Pellerin, en retraçant l’histoire de l’artéfact qui survécu à la guerre.
L’exposition offre également un regard sur l’ère contemporaine, proposant des œuvres pour certaines marquées par la guerre, mais qui démontrent avant tout d’un mouvement émergeant très excitant, selon le responsable des expositions.

« Quand on dit Syrie, on pense Daesch, mais la Syrie c’est aussi des gens comme nous avec une vie contemporaine très vibrante, mentionne Éric Pellerin. Damas était une grande ville très cosmopolite. On voulait justement mettre en valeur cette richesse-là. »
À l’entrée de l’exposition, une immense toile créée au début du conflit accueille les visiteurs. Imaginée sur le thème des dieux faisant « le grand ménage », l’œuvre de l’artiste Elias Zayat mesure 3,5 mètres de haut et porte bien son nom : Deluge: The Gods Abandon Palmyra (Déluge : les dieux abandonnent Palmyre).

À la fin de l’exposition, le visiteur est invité à laisser un message d’espoir à la Syrie et à l’afficher sur une représentation de l’œuvre de Tammam Azzam qui illustre la reproduction du baiser de Gustave Klimt sur un édifice démoli par la guerre.