En Ontario, les communautés francophones afrodescendantes sont confrontées à des réalités qui touchent à la santé mentale, à l’immigration, à l’emploi et à l’inclusion. Entre affirmation identitaire, transmission culturelle et leadership, des espaces de dialogue peuvent contribuer à mieux faire entendre leurs expériences et à renforcer les liens collectifs.
Olaïsha Francis – IJL – Le Métropolitain
Le symposium Progrès Afro-Franco Ontario, organisé par EquiConnect le 26 septembre à Toronto, a réuni des membres de la communauté autour de plusieurs enjeux qui concernent les francophones afrodescendants de la province.
Créé par trois cofondateurs issus de l’immigration, EquiConnect est un organisme à but non lucratif consacré aux questions de santé mentale et de bien-être au sein des communautés francophones afrodescendantes. Sa démarche repose sur une approche humaine, globale et collaborative qui cherche notamment à réduire l’isolement et à favoriser le pouvoir d’agir collectif.
Au cours de la journée, les échanges ont porté sur la fragmentation de la prise en charge des besoins et des relations humaines, ainsi que sur les ruptures qui peuvent en découler. Le racisme systémique et les discriminations ont aussi occupé une place importante dans les discussions, avec des exemples liés au système de justice, au milieu scolaire, à l’accès à l’emploi et à la lutte contre la violence conjugale.
La sous-représentation dans les structures décisionnelles figurait également parmi les préoccupations soulevées. Les participants ont abordé l’invisibilité de certaines réalités francophones afrodescendantes dans l’espace canadien et leur représentation parfois considérée négative dans les médias.
D’autres échanges ont concerné les difficultés associées à l’immigration, aux barrières linguistiques et à l’isolement de certaines familles. Les inégalités économiques ont aussi été évoquées, notamment en raison de la présence importante de personnes dans des emplois précaires ou cumulés. La stigmatisation liée à la santé mentale et l’accès limité à des services culturellement adaptés faisaient partie des enjeux discutés, au même titre que le manque d’espaces propices au développement du leadership.
La question de l’identité collective a par ailleurs occupé une place centrale. Le principal panéliste, Éric Keunne, directeur de l’École Franco-Niagara et doctorant en études francophones à l’Université York, a avancé l’hypothèse d’un « NOUS » construit autour d’une responsabilité collective portée par les Afrodescendants de langue française.
Selon EquiConnect, quelque 70 personnes ont participé au symposium, avec une fréquentation variable au cours de la journée.
Affirmation idenditaire
L’affirmation identitaire constituait également un volet important de la rencontre. L’animation de Justine Gogoua, directrice artistique de CanAfric Theatre à North Bay, a donné une place aux sonorités et aux expressions culturelles familières aux participants.
Un premier atelier communautaire consacré au Kasàlà a aussi été proposé. Cet art oratoire d’origine luba, en République démocratique du Congo, était animé par Sêssi Hounkanrin, coach professionnelle et formatrice en leadership Ubuntu et Kasàlà, ainsi que fondatrice de Génération Coaching. « Je souhaite poursuivre l’implantation de cette pratique auprès de la communauté francophone afrodescendante. Le symposium a ainsi servi à présenter le Kasàlà comme un outil de valorisation identitaire, de transmission culturelle et de mieux-être collectif.
« Cette initiative reflète pleinement la mission d’EquiConnect, qui est de favoriser le bien-être, l’inclusion et le développement humain au sein des communautés francophones, en créant des espaces où les personnes peuvent se rencontrer, apprendre, s’exprimer, développer leur potentiel et construire ensemble », a déclaré Jean Luc Amoikon, cofondateur d’EquiConnect.
Pour l’organisme, le récent symposium représente une étape dans une démarche appelée à se poursuivre. EquiConnect prévoit de maintenir ses collaborations et ses activités au cours de l’année afin de prolonger les liens créés lors de cette première rencontre. L’objectif annoncé est de favoriser une communauté active, connectée et engagée au-delà de la tenue d’un seul événement.
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Photo : Les cofondateurs et les panélistes. De gauche à droite : Serge Dieth, Micheline Rabet, Sessi, Eric Keune, Justine Gogoua et Jean-Luc Amoikon (Photo : EquiConnect)




