La pluie était au rendez-vous le dimanche 2 août à Toronto. Un après-midi où beaucoup auraient préféré rester au chaud, mais au bord du lac Ontario, une tout autre ambiance s’installait. Les parapluies étaient ouverts, les sourires étaient au rendez-vous et les rythmes des Caraïbes commençaient déjà à résonner.
Organisée par le Centre Harbourfront, en collaboration avec l’organisme Festival Kompa Zouk Ontario (FKZO), cette 18e édition a rassemblé de nombreux visiteurs venus célébrer la culture franco-caribéenne à travers la musique, la danse, la cuisine créole et l’artisanat.
Malgré une météo peu clémente, le public a répondu présent pour ce rendez-vous devenu incontournable. Familles, jeunes et aînés se sont retrouvés pour partager un moment de fête, de découverte et de rassemblement autour des traditions caribéennes.
Au cœur de cette célébration se trouvent deux styles musicaux emblématiques de la région des Caraïbes : le kompa et le zouk. Deux genres qui, au fil des décennies, ont dépassé les frontières et continuent de rassembler les communautés partout dans le monde. Originaire d’Haïti, le kompa séduit par ses rythmes romantiques et entraînants, tandis que le zouk, né aux Antilles françaises, occupe une place majeure dans la culture caribéenne.
Pour certains, l’événement représentait une première immersion dans l’univers caribéen. Pour d’autres, il s’agissait d’un retour aux sources, rempli de souvenirs et de nostalgie.
Au-delà de la musique, la gastronomie occupait également une place importante dans cette célébration. Sous les tentes installées pour protéger les visiteurs de la pluie, les kiosques de nourriture ont rapidement attiré les festivaliers curieux de découvrir les saveurs des Caraïbes.
Entre deux dégustations, petits et grands ont rejoint la piste de danse pour se laisser porter par les rythmes du kompa et profiter pleinement de l’ambiance festive.
Pendant ce temps, sur scène, la violoniste parisienne Mapy a lancé les festivités avec un spectacle mêlant hip-hop, reggae, soca, Afrobeats et zouk. Connue pour avoir collaboré avec des artistes internationaux tels que DaBaby, Buju Banton, Pharrell Williams et Snoop Dogg, elle a impressionné le public par son énergie et son talent.
L’artiste a également pris le temps de partager son parcours et les différentes étapes qui l’ont menée à construire son univers musical, offrant ainsi un moment plus personnel avec les spectateurs.
La célébration s’est poursuivie avec le musicien et producteur Olivier Duret, qui a souligné le lien entre les différentes générations de musiciens du kompa et du zouk.
Le moment le plus attendu de la soirée a toutefois été la prestation de Harmonik. Originaire d’Haïti et basé à Miami, la formation est devenue une référence du kompa moderne grâce à ses mélodies populaires et ses succès internationaux.
Les sept membres du groupe sont montés sur scène vêtus de chemises traditionnelles. Rapidement, le public a repris leurs chansons en chœur et s’est laissé emporter par les rythmes du kompa. Parmi les spectateurs se trouvait Abi, d’origine haïtienne, venue spécialement pour voir son groupe préféré. « Je ne voulais absolument pas rater cet événement, et je ne l’aurais pas raté non plus », explique-t-elle en souriant.
Pour clôturer l’événement, le groupe Rara Pa Nou a offert une dernière prestation pleine d’énergie. Le rara, une tradition musicale originaire d’Haïti, est généralement joué lors des défilés de rue, notamment pendant la période de Pâques.
Une fois encore, le Festival Kompa Zouk Ontario a réussi à faire vibrer la capitale ontarienne aux sons des Caraïbes.
Photo : Le groupe Harmonik a enthousiasmé le public. (Crédit : C . Dorme)





