Christiane Beaupré
Depuis quelque temps, un détail attire l’attention : les masques sanitaires réapparaissent doucement dans certains espaces du quotidien. Par exemple, à l’aéroport Pearson et à bord des avions, dans les centres de santé communautaire et les cabinets médicaux ou encore dans les transports en commun, les grandes surfaces, les églises etc., un nombre croissant de personnes semblent avoir repris cette habitude, qui avait été pratiquement reléguée aux oubliettes après la pandémie de COVID-19. Rien de spectaculaire pour l’instant, juste un retour discret, presque familier, qui soulève une question simple : pourquoi maintenant?
Autrefois perçu comme une contrainte, le masque est aujourd’hui considéré comme un geste de prudence, au même titre que se laver les mains ou rester chez soi lorsqu’on est malade. Dans des lieux très fréquentés, certaines personnes choisissent d’ajouter cette couche de protection, pour elles-mêmes mais aussi pour les autres.
Les autorités de santé publique n’imposent plus le port du masque de façon générale, mais elles continuent de le recommander dans certains contextes. L’objectif n’est plus de restreindre, mais de prévenir. Pour beaucoup, cette nuance change tout.
L’automne et l’hiver, saisons propices aux rhumes, à la grippe et à d’autres infections respiratoires, sont désormais observés avec davantage d’attention. Plusieurs établissements constatent une hausse des virus saisonniers et privilégient la prévention. Dans les centres de santé et les hôpitaux, où se côtoient des personnes vulnérables, le masque devient alors un réflexe logique. Il ne s’agit pas de peur, mais de bon sens : réduire les risques avec un geste simple et peu contraignant.
Ce retour discret ne résulte pas d’une directive nationale. Il s’agit plutôt de décisions locales, prises par des hôpitaux, des cliniques ou des réseaux de transport selon leur réalité. Dans certains cas, le masque est recommandé; dans d’autres, il est exigé dans des zones précises. L’accent est mis sur la responsabilité individuelle plutôt que sur l’obligation.
Au fil du temps, le port du masque est devenu pour beaucoup un choix personnel assumé. Certains le portent lorsqu’ils sont enrhumés, d’autres lorsqu’ils visitent un proche fragile ou voyagent dans des lieux très fréquentés. Ce n’est plus un symbole de crise, mais un signe d’attention envers autrui. Dans plusieurs cultures, cette pratique existait bien avant la COVID-19 et elle semble désormais s’installer ici aussi, sans heurt ni dramatisation.
Les chiffres illustrent bien ce phénomène. Dans la région de Toronto, la COVID-19 n’a jamais totalement disparu, mais son impact n’est plus comparable à celui des premières années de la pandémie. Selon les données de santé publique les plus récentes, la ville compte plusieurs centaines de milliers de cas cumulés depuis 2020. Toutefois, en 2025-2026, le nombre de nouveaux cas, d’hospitalisations et de décès reste nettement inférieur à celui des vagues majeures de 2020 à 2022. Les autorités parlent désormais d’une circulation « faible à modérée » du virus, comparable à celle d’autres maladies respiratoires saisonnières.
Autrement dit, la COVID-19 est toujours présente, mais elle exerce beaucoup moins de pression sur le système de santé. C’est ce contexte qui pourrait expliquer l’approche actuelle : pas de mesures généralisées, mais des gestes ciblés et volontaires.
En fait, croyez-vous que le retour discret des masques dans certains espaces publics soient précurseurs d’une nouvelle urgence sanitaire ou qu’il reflète plutôt une société qui a tiré des enseignements de l’expérience récente et qui choisit, parfois, de faire preuve de prudence?
Voir plus de masques autour de vous est-il alarmant ou réconfortant, signe que face aux virus saisonniers — COVID-19 comprise — certaines personnes préfèrent prévenir plutôt que guérir. Chose certaine, ce geste autrefois exceptionnel fait désormais partie du paysage.





