Chrismène Dorme

Dans le cadre du Mois de la Francophonie, l’Alliance française de Toronto, aux côtés de l’Université de l’Ontario français, du Collège Boréal, du Collège La Cité, du campus Glendon de l’Université York et du Centre francophone du Grand Toronto, célèbre cette année la diversité du monde francophone à travers une série d’événements uniques. Le point d’orgue de ces festivités se tiendra au Théâtre Spadina, qui accueillera l’artiste franco-ontarienne et abénaquise Mimi O’Bonsawin, le 27 mars.

Originaire des forêts du nord-est de l’Ontario et membre de la Première Nation d’Odanak, Mimi O’Bonsawin puise son inspiration dans ses terres natales. Chacune de ses mélodies évoque les histoires et la mémoire des terres de ses ancêtres, mêlant les rythmes du batteur Ryan Schurman à un folk contemporain aux paroles douces et introspectives. Ses textes interrogent avec sensibilité l’identité, la force de la transmission féminine et le lien intime avec la nature.

Pour Cynthia-Laure Etom, directrice culturelle de l’Alliance française de Toronto, l’univers de l’artiste illustre parfaitement la richesse et la diversité de la francophonie : « La francophonie n’est pas un bloc uniforme, c’est un espace vivant traversé par plusieurs cultures, par des histoires et des voix très différentes. Le travail artistique de Mimi O’Bonsawin est profondément nourri par ses racines franco-ontariennes et autochtones, ce qui lui permet de porter une voix singulière au sein de la francophonie canadienne. »

Cette singularité se retrouve également dans son approche musicale. En plus de son folk contemporain, elle incorpore des influences culturelles et spirituelles liées à son héritage abénaquis. Chanteuse bilingue, elle alterne français et anglais, avec une voix portée par la simplicité d’une guitare et la force narrative de ses chansons. « La musique folk a cette capacité unique à raconter des histoires de manière directe et profondément humaine, évoquant la mémoire des aînés, le territoire et la transmission », souligne Cynthia-Laure Etom.

Le concert promet une expérience intime et immersive. Grâce à la proximité des sièges avec la scène, le public pourra ressentir une connexion particulière avec l’artiste. « Nous espérons que cette soirée créera un moment de partage et d’émotion, où chaque spectateur se sentira lié à l’univers de Mimi O’Bonsawin », ajoute la directrice culturelle.

Pour l’Alliance française, mettre en avant les artistes franco-ontariens est un engagement essentiel. « Ils font vivre la francophonie ici, en Ontario. Dans les grandes métropoles anglophones, leur visibilité reste parfois limitée. Leur donner une scène, c’est montrer au public toute la vitalité de la création francophone locale », affirme Cynthia-Laure Etom.

Au-delà de l’Ontario, le talent de Mimi O’Bonsawin rayonne à l’international. Lauréate du prix Artiste solo de l’année aux Prix Trille Or en mai 2025, elle s’est produite lors de plusieurs festivals à l’international. Ses prestations, empreintes de poésie et d’énergie, invitent le public à danser, chanter et célébrer la musique ensemble, créant un véritable engouement autour de son univers musical.

Le Théâtre Spadina se transformera donc en un espace de célébration de la francophonie et de la diversité culturelle, où les histoires des terres ancestrales de Mimi O’Bonsawin se mêleront aux rythmes contemporains, durant lequels s’harmoniseront la richesse de la musique folk franco-ontarienne et la force des voix autochtones dans le paysage culturel canadien.

Photo : Mimi O’Bonsawin (Crédit : Jen Squires)