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Chrismène Dorme

Le Centre d’arts médiatiques Le Labo a donné le coup d’envoi d’un nouveau chapitre de sa programmation artistique le 28 mai, le vernissage de Et sa pulpe!, une exposition de l’artiste Jean-Pierre Mot qui brouille les frontières entre installation, recherche visuelle et observation du quotidien.

Présentée au studio 277 du Labo, l’exposition plonge les visiteurs dans un univers fait d’objets récupérés, d’emballages, de slogans et de fragments culturels glanés à partir de recherches menées à la Cité internationale de la langue française (France) et à Swatch Art Peace Hotel à Shanghai. À travers cette accumulation minutieuse d’éléments ordinaires, l’artiste conteste les récits invisibles qui façonnent notre environnement de consommation et notre mémoire collective.

De petits objets souvent banals, ceux que l’on oublie, jette ou ignore, tels que des emballages alimentaires, des sacs kraft, des slogans imprimés, deviennent ici des témoins de notre époque. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans la nouvelle orientation artistique du Labo.

« C’est une exposition qui vient fermer cette boucle et en ouvrir une nouvelle », explique Dyana Ouvrard, directrice générale du Labo. Le projet marque la transition entre La jachère, précédent cycle de programmation du centre, et Le Micro, une nouvelle série d’expositions expérimentales axée sur les détails, les fragments et les formes discrètes du quotidien.

Pour Mme Ouvrard, le travail de Jean-Pierre Mot illustre parfaitement cette évolution. L’artiste avait déjà collaboré avec Le Labo en 2023, mais son approche s’est transformée au fil des années. « Aujourd’hui, en 2026, il y a une totale évolution. On accompagne l’artiste et, en trois ans, les idées ont évolué et changé », souligne-t-elle.

Fidèle à une pratique in situ, Jean-Pierre Mot construit ses œuvres en dialogue direct avec les lieux qu’il investit. Son travail s’est nourri de résidences artistiques en France et à Shanghai, intégrant de nombreuses références aux cultures locales. « On retrouve aussi beaucoup d’éléments torontois », ajoute la directrice générale.

L’artiste s’intéresse particulièrement aux objets de consommation du quotidien : emballages, petits accessoires, éléments graphiques ou publicitaires. Des objets souvent insignifiants au premier regard, mais qui deviennent, une fois assemblés, les traces d’un imaginaire collectif contemporain.

« Cela rejoint le cycle Micro, car on retrouve beaucoup de petits objets qui finissent souvent à la poubelle. Il est important de se demander aussi ce que racontent ces objets », explique Dyana Ouvrard.

Présent lors du vernissage, Jean-Pierre Mot a échangé avec les visiteurs autour de sa démarche artistique et des recherches ayant mené à cette exposition hybride, à la fois intime et critique. Le public pourra découvrir Et sa pulpe! jusqu’au 2 juillet.

Le Labo amorce ainsi une nouvelle phase de sa programmation : plus expérimentale et attentive aux détails du quotidien, et invite à porter un regard différent sur les objets ordinaires qui nous entourent.

Photo (Crédit : Le Labo):  Des œuvres de Jean-Pierre Mot présentées au Labo.