Une journée à Queen’s Park pour le Conseil scolaire catholique

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Les représentants du CSDCCS. De gauche à droite : Caroline Bourret, André Blais (directeur de l’éducation) et Melinda Chartrand (présidente), Alexandre Akiki et Geneviève Grenier

L’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) tenait une journée de démarchage politique à Queen’s Park le lundi 27 février. À cette occasion, ce sont plus de 45 présidents, conseillers scolaires et directions d’éducation des huit conseils scolaires catholiques de langue française de la province qui étaient présents pour rencontrer des députés et faire valoir leur place au sein de l’éducation ontarienne.

« Avec le paysage politique qui existe présentement et les élections qui arrivent, nous voulons que les partis au pouvoir et ceux qui le seront pensent que le système catholique francophone doit exister. Nous maintenons que nous avons le droit d’exister. Les parents choisissent à 70 % les écoles catholiques de langue française. C’est important de conscientiser les politiciens à notre existence », explique Jean Lemay, président de l’AFOCSC).

Si les conseils scolaires catholiques souhaitent souligner leurs succès et leurs résultats afin de bien marquer leur territoire, de nombreux sujets méritent d’être abordés pour l’AFOCSC. Que ce soit l’idée d’un site web imaginé par les anglophones regroupant tous les conseils scolaires – une idée qui a de quoi déplaire aux conseils scolaires catholiques effrayés d’être confondus avec des programmes d’immersion – ou encore la fusion des systèmes francophones, une idée également rejetée par l’AFOCSC qui bénéficie du choix de préférence des parents, étant aujourd’hui le plus gros employeur francophone de l’Ontario.

Si de grands thèmes se retrouvent au niveau provincial, chaque région possèdent ses particularités et les conseils scolaires catholiques de chaque région ont eu l’occasion de rencontrer leurs députés respectifs pour faire connaître la réalité des écoles francophones et discuter des sujets qui les préoccupent, qu’il soit question d’immobilisation, de réfection d’écoles ou encore de manque de terrains.

« Chaque conseil a des particularités et des besoins qui lui sont propres, on fait état avec nos représentant provinciaux des besoins que l’on a aussi. On n’est pas pareil en Ontario. Le Nord, ce n’est pas le Sud. C’est une occasion pour se faire connaître et initier le procédé », observe Jean Lemay.

Les représentants du Csc Providence. De gauche à droite : Alexandre Alary, Robert Demers (président), Christian Goulet, Jaques Kenny (vice-président).

C’est le cas pour le Conseil scolaire catholique (Csc) Providence, dans le Sud-Ouest de la province, qui s’initiait comme tous les autres conseils au lobbysme politique.

« Nous avons partagé tous les points que nous voulions leur faire connaître, rapporte Jacques Kenny, vice-président du Csc Providence. Nous avons parlé de notre conseil scolaire et de nos succès, et du fait que nous sommes un conseil grandissant avec près de 10 000 élèves. »

Ce fut également l’occasion de lancer des opportunités vers l’avenir en soulevant la question de la future rénovation de la centrale nucléaire de Bruce qui devrait attirer de nombreux nouveaux arrivants. « Il faut commencer dès à présent à penser aux futurs besoins scolaires », note Jaques Kenny.

Le groupe de rencontre du Csc Providence était notamment composé de Christian Goulet, un élève-conseiller qui apportait également son expertise. « On a discuté de l’importance pour les élèves d’avoir une éducation de langue française dans une école catholique. La communauté scolaire, le sentiment de communauté de l’école est vraiment important pour les élèves surtout quand tu es différent, quand tu es francophone », rapporte Christian Goulet.

L’occasion également pour le Csc Providence de clarifier la différence entre les écoles d’immersion et les écoles de langue française auprès de députés anglophones qui ne connaissent pas nécessairement la réalité des écoles francophones.

Pour le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud (CSDCCS), la question de l’accès à de nouveaux édifices est centrale.

« Nous avons parlé du système qui est en croissance et d’avoir accès à des édifices pour des écoles. Nous avons des régions dans le Sud où il y a un grand manque pour trouver un terrain », explique Melinda Chartrand, la présidente du CSDCCS.

Un avis partagé par André Blais, directeur de l’éducation du même Conseil. « Pour moi, c’est vraiment une question de faire connaître le Csc Centre-Sud. Il y a encore des gens qui ne savent pas qu’il existe quatre systèmes d’éducation en Ontario, donc c’est important qu’on soit présent. Et, en effet, un des points sur lequel je mets le plus d’accent, c’est la question de l’accès, de l’accès aux édifices et de l’importance des frustrations que nous rencontrons. »

Parmi ces frustrations, les écoles vides anglophones que le Csc Centre-Sud aimerait voir circuler pour ses besoins immédiats mais qui restent bloquées dans le cadre de potentiels besoins futurs des conseils anglophones.

Une première action de lobbying pour les conseils scolaires catholiques francophones de la province qui devrait se poursuivre.