Monique Simard : un parcours pour un engagement

96

Monique Simard, c’est avant tout un parcours. Celle qui se décrit comme « la fille d’une époque et une femme de son temps » se verra remettre le Doc Mogul Award durant le festival canadien du documentaire international Hot Docs. Le prix récompense la contribution essentielle de la Québécoise à l’industrie du documentaire aussi bien au niveau national qu’à l’international de par sa carrière.

À la tête de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC), agence gouvernementale pour la promotion et le soutien à la culture québécoise, depuis trois ans, la touche-à-tout est passée par le militantisme, les médias ou encore la politique au cours d’un parcours rythmé par son engagement social. « C’est un engagement social qui touche au politique et à l’artistique, affirme Monique Simard. Je sens une cohérence dans ma vie, une envie de justice sociale, de liberté, de donner la parole aux gens. »

Avant de révolutionner l’Office national du film du Canada (ONF) en lui offrant son virage numérique – Monique Simard est l’origine de la création de la plateforme interactive de l’ONF qui permet un accès virtuel aux œuvres de l’ONF partout dans le monde, et ce, gratuitement, c’est au sein de la société de production Virage de son mari que la cinéphile fait ses premiers pas dans l’univers filmographique, tout du moins ses premiers pas professionnels.

Avec un conjoint cinéaste et plusieurs participations dans différents films, la jeune femme cohabitait dans ce milieu depuis longtemps. À son arrivée à Virage, elle décide de s’occuper exclusivement de la production de documentaires.

« Je pense que, pour moi, c’est une question d’engagement, explique Monique Simard en réponse à son intérêt pour le documentaire. C’est une écriture, une façon d’interpeller la réalité qui vient me chercher. »

Sa première production recevra un grand succès. « Que ce serait-il passé s’il n’avait pas marché, s’interroge la directrice de la SODEC. Peut-être que mon parcours aurait été différent. »

Si ses années de productrice de documentaires sont allées de pair avec un environnement économique très favorable pour ces derniers, elle regrette qu’aujourd’hui la demande soit en baisse, mais s’extasie devant la nouvelle donne que lance la montée du documentaire lié à la réalité virtuelle. « Ça permet de vivre des expériences humaines incroyables », ajoute-t-elle.

Fervent soutien du documentaire, mais plus largement de la culture, la voilà aujourd’hui responsable de la promouvoir par le biais de la SODEC.
« La culture québécoise est vibrante. La créativité est très encouragée au Québec, c’est un pilier du renforcement identitaire. On ne copie pas les autres. On a une signature assez singulière et qui est la nôtre », observe celle qui se verra remettre son prix durant le festival Hot Docs qui se tiendra du 27 avril au 7 mai.